jeudi 27 août 2015 | By: Dorian Lake

[TAG] Je suis un fanboy

Un article un peu léger aujourd'hui, car il s'agit d'un tag partagé par Zahardonia sur son blog que j'ai trouvé plutôt amusant. Le principe est de répondre à 9 questions qui touchent à la littérature.

On se lance!

1) Si tu avais la possibilité de correspondre avec un personnage de roman, lequel choisirais-tu ?

Après délibération, Triss Merigold serait un choix judicieux. Vive d’esprit, intelligente et cultivée mais avec une pointe d’humour, elle aurait probablement beaucoup à m’apprendre et pourrait, accessoirement, être intéressée par le XXIème siècle que je saurais lui conter.

Et puis, le fait correspondre avec une belle femme possède, il faut l’avouer, un charme certain.

Une jolie version de KR0NPR1NZ

2) Tu peux inviter un auteur à l'apéro, de qui s'agirait-il ?

Anne Rice, que j’admire beaucoup. C’est une femme qui non seulement a su écrire certains de mes livres préférés, mais elle est tout aussi intéressante en tant que femme. Je suis sa page facebook depuis plusieurs années et elle s’exprime toujours avec beaucoup de considération pour autrui et une très grande ouverture d’esprit.


3) Si tu devais écrire une fanfiction (une histoire imaginée par un fan et tirée d'un univers déjà existant), de quelle œuvre littéraire serait-elle tirée ?


Je dirais Conan le Barbare, pour son côté antiquité noire et mystérieuse, ses combats sauvages et épiques, ses ambiances variées, hautes en couleur et maléfiques à la fois. Je ne sais pas si je reprendrais l’univers tel quel, que je ne connais d’ailleurs pas autant que nombre de fans et d’accrocs, mais je saurais y prendre plaisir sans dénaturer outre mesure son œuvre.

On pourrait d’ailleurs, limite, considérer que ma nouvelle Canniba est une interprétation personnelle du genre auquel il a tant contribué.


4) Un de tes livres préféré va être adapté au cinéma (imaginons !), on te propose d'y jouer un rôle, quel personnage choisirais-tu d'interpréter ?

Partons sur l’épée de vérité, une série de roman qui a défaut d’être ma préférée m’a beaucoup plu (en tout cas certains tomes). Comme personnage, je dirais merde à Richard, le héros viril et ennuyeux et j’irai du côté du vilain Darken Rahl, un roi psychopathe, cruel et mégalomane dont le but est de régner sur le monde tout entier (Mouhahahaha !). Je trouvais vraiment dommage qu’il ne serve de méchant que pour un seul tome, alors que les vilains qui ont suivi n’avaient pas le quart de son charisme.

Ne sachant pas jouer la comédie, j’aurais certainement l’air ridicule, mais pas plus que les gusses qui ont joué dans la série médiocre qui en a découlé.

La concurrence initiale n'est pas très forte...


5) Un de tes livres préféré a été adapté au cinéma (réellement), néanmoins tu n'es pas d'accord avec le choix de l'acteur/actrice pour jouer un des personnages, de quel personnage s'agit-il et quel(le) acteur/actrice verrais-tu à la place ?

Aller, on remet une couche sur Anne Rice et on va taper sur :

Lestat dans la Reine des Damnés est totalement dénué de charisme et il ne rentre pas dans les chaussures de Tom Cruise, même avec un chausse-pieds sur mesure. C’est même une catastrophe, une pantomime, une blague. Pouah. Je comprends pas ce choix, mais alors pas du tout. Et le film, qu'il est vilain!


6) Une de tes séries préférées est terminée mais tu souhaiterais voir une suite publiée. De quelle série s'agit-il ?


La saga du sorceleur. Bon, les jeux-vidéos ont poursuivi l’histoire, mais c’est typiquement un univers qui pourrait avoir des suites de qualité.


7) Voudrais-tu réécrire la fin d'un livre que tu as lu ? Si oui, de quel livre s'agit-il ?

Je dirais la trilogie de Thrawn, dans l’univers étendu de Star Wars. Hélas, dans cette trilogie les gentils gagnent. Étonnant non ? Je ne suis même pas sûr que l'auteur ait eu beaucoup le choix en la matière. Je ne dis pas que leur défaite devrait être totale et absolue, mais j’aimais beaucoup l’amiral Thrawn et je l’aurais volontiers vu survivre et continuer de nous montrer son génie et pourquoi pas mener dans un univers parallèle ou l’empire gagne ?

NB: les bouquins sont excellents, malgré les couvertures très geeks.

 



8) Constitue ta famille livresque idéale : père, mère, frère et sœur.

Papa : Jésus, le seul , l’unique. Il est babacool et ce serait sûrement un chouette papa, même s’il a quelques soucis à choisir des amis fiables.
Maman :  Mara Jade, de l’univers étendu de Star Wars. Elle est classe, belle et forte. Certes, son fils se fait enlever tous les trois bouquins, mais ce sont les aléas de la vie dans les romans.
Frère : Tyrion Lannister serait vraiment un frérot idéal. Malin, alcoolique, avec un grand cœur cynique et un humour mordant. Puis, il est riche…
Grande sœur : Selina Kyle. Il aurait très certainement fallu que je planque mes jouets étant gosse et j’aurais sûrement passé du temps en prison, mais il y aurait de bons moments. Puis, j’aime les chats.
Petite sœur : Ciri de la saga du sorceleur. Encore une jeune fille sans aucun caractère… Comme vous le voyez, je n'aime que les femmes lisses et en retrait...


9) Pour quelle édition collector dépenserais-tu sans hésiter la moitié de ton salaire ?

Dur choix, mais je tablerais pour du Game of Thrones. Peut-être pas la moitié du salaire d’un coup, mais avec tous le merchandising à côté, on finirait par y arriver !


Voilà c'est fini et ce n'est pas si simple. J'ai fait pas mal d'effort pour ne pas mettre le même bouquin à chaque question!

Pour ma part, je tague:

Marièke: Mécanismes d'Histoire
Maud: Le cycle d'Eriu
Antonin: Dernier Bastion
Et Jean-Sebastien: Escroc-Griffe
N'hésitez donc pas à reprendre ce tag sur votre blog et à mettre le lien dans les commentaires!

jeudi 20 août 2015 | By: Dorian Lake

Un peu de romance...

Le genre de la romance n’est pas ce qui m’attire le plus, que ce soit en tant que lecteur ou qu’auteur. La seule romance que j’ai écrite était pour le court-métrage dont je vous avais parlé ici et il s’agit d’un récit horrifique et malsain, où l’eau de rose n’a pas vraiment sa place.

Ceci dit, même si un livre ne tourne pas autour d’une histoire d’amour, les relations amoureuses ont une place importantes dans la littérature et plus généralement dans les arts. C’est là un aspect universel et fondamental de l’humain et l’ignorer serait dommage. C’est d’ailleurs plutôt de ce dont je vais parler ici, de la romance présente dans un récit, principalement SFFF, et non de la romance en tant que genre littéraire.

Rendre une romance intéressante est difficile. Combien d’entre-elles tombent à plat et desservent l’intrigue au lieu de la servir ? Il m’est souvent arrivé dans des romans de m’ennuyer lorsque le héros et l’héroïne s’amourachaient comme des adolescents en pleine puberté, en trouvant juste le temps long.

Je ne suis pas du tout expert, mais voici quelques idées pour ne pas rater une romance.

1 A mort les clichés

Il est beau, fort, intelligent, gentil mais viril à la fois. C’est un bad boy, mais avec un cœur. Elle est belle, un peu rebelle mais pas trop, indépendante mais soumise à la fois. A la première ligne on sait qu’ils vont finir ensemble, parce qu’il y a des éclairs lors de leur rencontre. Ils vont sûrement pas être copains au début et se dire quelques vacheries, mais au fond de leur petit cœur c’est la passion avec un grand P.
 Oui, j'ai honte de me moquer de James.
Il est peut-être stéréotypé, mais comme il fait partie d'une
série extra-ordinaire (Twin Peaks), on lui pardonne!

Pour ma part, jamais je ne m’attacherai à des personnages qui se résument à cela et leur romance me laissera indifférent au plus haut point. Cela ne veut pas forcément dire que les personnages en eux-mêmes sont inintéressants, loin de là. Ils peuvent être riches et fouillés par ailleurs et avoir de grandes aventures, mais la relation risque d’être ennuyeuse.

Exemple concret, dans Geist de Philippa Ballantine (spoiler alert) : l’héroïne a du tempérament, est dure et intéressante. Mais quand elle rencontre le héros, qui est moins intéressant qu’elle, leur relation tombe dans le classico-cliché. La romance est plate et je n’ai pas compris ce qu’ils faisaient ensemble, même si je l’avais vu venir à des lieues. Cela faisait remplissage de cahier des charges. C’est dommage, c’est en grande partie ce qui m’a détourné du bouquin qui autrement était pas mal.

Cas inverse : dans la saga du sorceleur, le héros, Géralt, a une relation des plus compliquées avec Yennefer. Ils s’aiment, mais passent leur temps à s’écharper, à se remettre ensemble, puis de nouveau se déchirer. Leurs objectifs sont parfois alignés, parfois contradictoires, si bien qu’au début d’une nouvelle on ne sait pas si ça va bien ou mal se passer entre eux. Le fait de ne pas savoir, d’être surpris est important. Savoir comment ça va se passer avant que ça commence, ce n’est pas très palpitant et c’est même plutôt inutile.

A retenir : le héros et l’héroïne n’ont pas besoin de finir ensemble…

2 Les histoires d’amour finissent mal


Autre cliché éculé : le garçon et la fille font partie de familles/clans/races ennemi(e)s mais, malgré tout, l’amour est plus fort que tout. Bref, on se retrouve devant le schéma de Roméo et Juliette, encore et toujours. SAUF QUE, Roméo et Juliette, c’est une tragédie. Spoiler Alert : les amoureux meurent à la fin, par double suicide. Le message de Shakespeare n’est pas que l’amour triomphe, mais que le poids des traditions écrase les individus. Ce cliché des familles ennemies est donc souvent utilisé de travers et il était bien plus efficace quand la fin était tragique.

En règle général, je pense qu’une histoire d’amour heureuse est moins intéressante qu’une histoire d’amour malheureuse. Si les héros et héroïnes triomphent de tout et finissent ensemble et heureux, cela peut certes apporter une satisfaction à la fin du bouquin si la romance est impeccable, mais surtout le lecteur s’y attendra depuis le début (on y revient). Une relation qui se passe mal, avec des hauts et des bas et qui finit dans la déchirure et le pathos, c’est autrement plus fort.

Lorsque le lecteur sait ce que le personnage devrait faire pour être heureux, lui souffle plus ou moins fort à chaque passage et voit la tragédie se dérouler sous ses yeux, il est investi. Certes, certains lecteurs veulent que les choses finissent bien et la tragédie ou, à défaut, une relation qui finit mal ne leur plaira peut-être pas, mais ça reste à mon avis le plus riche.

Combien de romances heureuses ont marqué l’histoire ? Hélène et Pâris ? Orphée et Eurydice ? Marc-Antoine et Cléopâtre ? Arthur et Guenièvre ? Roméo et Juliette ? Scarlett O’Hara et Rhett Butler ? Bonnie et Clyde ? Néo et Trinity ? Buffy et Spike ?

3 Se reconnaître dans le personnage

Pour être investi dans une romance, il faut que le lecteur puisse se mettre à la place du protagoniste. C’est ce qui fait que personnellement je n’irais pas lire 50 shades, car j’aurais bien du mal à me mettre dans la peau d’une jeune femme frustrée dont le phantasme est de se faire tabasser par un riche psychopathe.

En fait, je me rends compte que les romances dans les jeux vidéo me parlent davantage, surtout quand c’est moi qui crée le personnage ou que celui-ci m’est sympathique. Forcément, comme j’ai fait les choix qui m’ont mené là (au niveau de l’histoire et de la romance), je me sens concerné et impliqué. Je pense que c’est aussi là que l’on se rend compte que la romance n’est pas seulement pour un public féminin. Les forums de jeux-vidéo regorgent de débats sur les romances possibles et visiblement c’est quelque chose qui a beaucoup de succès. On n'imagine plus un Mass Effect sans ses partenaires potentiels. A mon avis, le public masculin peut apprécier autant une romance que le public féminin, pourvu que celle-ci ne définisse pas à elle seule le livre.


C’est forcément plus compliqué de faire ça dans un bouquin, car les lecteurs sont multiples, avec des goûts et des orientations différentes. C’est pour cela que les personnages doivent être travaillés et intéressants. Et ils doivent être compliqués tout en restant crédibles… Les personnages doivent aussi exister au-delà de la relation amoureuse et ne pas être définie par elle, si bien que la plus mauvaise façon que je puisse imaginer pour créer un personnage soit de commencer par : « il/elle sera le love interest du héros/de l’héroïne ». Si le lecteur aime le protagoniste, il s’intéressera à ses histoires de cœur et éprouvera de l’empathie. Pour peu qu’il trouve le/la partenaire aussi intéressante, alors il s’investira pleinement dans leur relation.

Parfois, aussi, la passion s’éteint, pas forcément au même rythme pour les deux et c’est douloureux. Combien de fois voit-on ça, surtout dans les romans fantasy, ou en général les amours sont autant héroïques que les protagonistes, éternels et inébranlables ?

En conclusion, je dirais que pour faire une bonne romance, il faut de bons personnages. C’est aussi simple que ça. Si les personnages sont riches, crédibles, intéressants et parfois surprenants, alors une romance pourra plaire au plus grand nombre, y compris ceux qui ne se tourneraient pas forcément vers ce type de livres. Ne me reste plus qu’à en glisser un peu plus dans mon prochain roman !
samedi 8 août 2015 | By: Dorian Lake

Extrait - La Chute de Canniba - Episode I - Dorian Lake


[NB- Suite aux retours encourageants que j'ai reçus, j'ai décidé de retirer la suite de la Chute de Canniva de mon blog pour proposer la nouvelle à des maisons d'éditions spécialisées. Merci à ceux qui l'ont lue!]


La galère stellaire Xenophon jaillit hors de l’hyper-espace, accompagnée de toute la flotte romaine.

Les tambours de guerre cessèrent leur rythme infernal et près de cent-mille rameurs, mille par étage de cette centirème titanesque, stoppèrent leurs mouvements. Les muscles de chair et d’acier de Thercée étaient au bord de la déchirure, comme à chaque fois qu’il fallait traverser l’hyper-espace. Contrairement à d’autres pseudo-civilisations, Rome avait gardé l’humain au centre de la technologie et c’est par la sueur, l’effort et la virilité que les turbines stellaires courbaient l’espace et permettaient le voyage intergalactique.

Mais la douleur du voyage n’était rien comparée à celle de la bataille, où il lui faudrait donner un effort constant et intense, au rythme imposé par les tambours. Thercée ne s’en plaignait pas. Thercée était fier d’avoir été choisi parmi les millions de prétendants pour servir dans les armées du Praetor Maximus Sexus Carnallus. Mais surtout il était sous les ordres de l’Amirale noire Canniba, l’une des plus féroces et respectées générales de Rome.

Canniba s’exprima, son message non pas relayée par la technologie mais par la voix de mille crieurs, dix par étage. C’était sans compter les crieurs des mille quadragintirèmes, galères de quarante étages et quarante mille hommes, qui occupaient le reste de la flotte de la Magna Republica :

« Soldats aux ordres de Rome la magnifique ! Nous avons traversé les galaxies et avons atteint Hispania, où le traitre Sertorius se terre. Nous réduirons sa fausse république et son faux sénat en cendres. Nous déchirerons ses armées. Nous stériliserons ses planètes. Ceux qui le servent plieront l’échine sous la colère de Rome. Nous paverons la route jusqu’au sénat de leurs corps crucifiés ! Rendez-moi fière, soldats de Rome ! »

Pour réponse, cent mille hommes hurlèrent « Gloire à Rome !» de leurs poumons améliorés, leurs cris de guerre propres à faire plier leurs ennemis à travers l’espace. Thercée se martelait le cœur de ses poings puissants, fier comme jamais d’être romain. Les tambours de guerre reprirent, annonçant la flotte ennemie qui se rapprochait.

Thercée but le vin de Mars. Ses muscles saillants se bandèrent, manquant de rompre le cuir composite de son armure. Ses veines se gonflèrent, du sang fortifié s’y écoulant avec la force d’un torrent diluvien. Il saisit sa rame stellaire et ses mains puissantes laissèrent des marques dans le bois d’If séculaire. Avec ses frères de guerre, Thercée mit la galère en branle pour la gigantesque bataille spatiale qui allait sceller le destin de la République d’Hispania.

à suivre
Dorian Lake