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vendredi 22 décembre 2017 | By: Morgane Stankiewiez

Mes tops de l'année : Livres, Films, Séries et Musique.

La fin de l’année approche à grand pas et, avec, l’heure des comptes pour le top de l’année. Je ne parlerai que de ce que j’ai découvert en 2017, et pas forcément celles qui sont sorties cette année, même si cela coïncide souvent.

Prêts ?

C’est parti !

Meilleur Film :


2017 a été une chouette année côté Science-Fiction. On a eu Valerian, qui a beaucoup divisé mais que j’ai personnellement apprécié (et dont je parle ici). On a aussi eu Blade Runner 2049, un film excellent, un chef d’œuvre de photographie qui pour moi mérite l’oscar dans ce domaine, et de loin.

Petite déception sur Wonder Woman, mais j’ai bien aimé Justice League. Je ne me suis pas déplacé en salles pour Marvel, ni pour Star Wars, le divorce étant pour ma part consommé avec la production de Disney.

Hors SF, j’ai beaucoup aimé John Wick 2, alors que j’ai été très déçu par Atomic Blonde, pourtant par un gars qui a bossé sur John Wick premier du nom.

Avec tout cela, il y a tout de même un film qui vole au-dessus du lot, un chef d’œuvre qui parvient à transcender et humaniser le cinéma de super-héros pour en faire une œuvre forte et poignante, violente et intimiste.

J’ai nommé Logan, qui m’a mis la même claque que Mad Max Fury Road à l’époque, mais pour des raisons différentes. Il est aussi très beau, guttural, réaliste, mais sa force réside dans la mise en abime des personnages joués par Hugh Jackman et Patrick Stewart.

Heureusement que la Fox n’appartenait pas encore à Disney…


Meilleure Série :


Cette année a été très riche de ce côté-là aussi. Nouvelle saison de Narcos et de Stranger Things, un American Horror Story : Cult très sympa, un Mindhunter nous plongeant dans l’esprit de tueurs en série avec un réalisme bienvenu. Petite déception sur la saison 2 de Sense 8, que j’ai trouvée en-dessous de la première.

Mais le coup de cœur de l’année revient à American Gods, l’adaptation du livre de Neil Gaiman, que j’ai aussi lu cette année. La série nous présente une allégorie des Etats-Unis modernes sous les traits de dieux ancestraux ou de concepts contemporains, dépeignant avec finesse le cœur de la nation américaine, ses doutes et sa quête d’identité.

J’irai jusqu’à dire que j’ai préféré la série, qui donne la part belle à des personnages moins développés dans les bouquins, et qui est visuellement incroyable. Un immense coup de cœur et ma série de l’année.


Meilleur Livre :


Couvertue FR
Il y a un souci avec les livres, c’est que j’ai maintenant un auteur préféré et j’ai l’impression que peu importe ce que je lirai à côté, il sera toujours au-dessus. C’était le cas l’an dernier, ça l’est toujours aujourd’hui, et plus je découvre l’œuvre de Clive Barker, plus je l’aime.

Ce sera donc Imajica pour le livre de l’année, même s’il n’est pas sorti en 2017. Un roman-monde qui mélange plusieurs genres (ce que j’aime beaucoup) et qui nous présente une horreur non pas de la peur et des gimmicks, mais plus grandiose et intime à la fois.

L’imaginaire de ce monsieur, et surtout sa capacité à comprendre l’être humain et à mettre le doigt sur ses failles, me ravi à chaque fois. Sans compter que son style est une prose très belle, les phrases agréables à l’oreille, imagées, superbes. On se perd dans les mots.


Meilleur jeu vidéo :


Grande année encore à ce niveau. J’ai eu des coups de cœur, notamment le dernier Uncharted et le génial Dishonored 2. J’aime bien aussi Horizon Zero Dawn, même si je commence à me lasser des mondes ouverts. Sur PC, je suis en plein Divinity Original Sin 2, une œuvre déjà culte, que je conseille à tout un chacun tant l’univers, les dialogues et le gameplay sont riches. On peut même y jouer à plusieurs en coopération, ce qui est tout de même rare, dans des jeux de rôle basés sur le scenario et non de type MMO.

Sur pc toujours, j’ai découvert un vieux machin du nom de Crusader Kings II, un jeu de stratégie qui nous fait contrôler des lignées de nobles, de n’importe quel pays européen du moyen-âge. La guerre est aussi importante qu’un bon mariage, les développeurs ayant mélangé un côté personnel à la grande histoire, pour en faire un jeu difficile d’accès (il faut passer par des vidéos youtube pour comprendre comment on joue), mais réellement addictif et d’une incroyable richesse.

Toujours sur PC, j’ai joué à Expeditions : Vikings, qui fait suite à Expeditions : Conquistador, un mélange de stratégie au tour par tour et de RPG solo, dans des intrigues qui n’ont rien à envier aux aventures de Ragnar et Lagertha. On perd un peu la surprise du premier jeu, mais ça reste très plaisant.

Mais, il ne peut rester qu’un seul jeu vidéo cette année, et ce sera Persona 5. Je lui ai écrit une lettre d’amour dans ce même blog, mais même avec le recul, repenser aux heures passées avec Morgana, Ann, Ryugi et compagnie me fait toujours un petit pincement au cœur. Ce jeu n’en est pas un, c’est une expérience de vie, un monde parallèle accessible par une console, certes, mais les émotions qu’il suscite bien réelles.


Meilleur album :


J’écoute des musiques très différentes. 2017 a ainsi été l’occasion d’un nouvel album de London Grammar, avec des chansons toujours aussi atmosphériques. Côté rock, j’ai découvert Royal Blood grâce à ma moitié, que nous avons vu en concert et qui déchirait. Belle découverte du groupe Nostalghia, grâce à la BO de John Wick 2, justement. Je vous épargne River in the Desert, une chanson de Persona 5 que j'aime beaucoup, mais ça aurait fait redondant dans le top !

Inavouable, mais j’aime aussi le dernier album Taylor Swift, certaines chansons du moins, notamment les singles. Moins pop, le groupe français Perturbator a sorti un joli EP, nommé New Model, parfait pour les ambiances sombres et glaçantes (j’aime le dark ambient, notamment pour l’écriture et le jeu de rôle).

Mais côté découverte, deux groupes s’affrontent. Tout d’abord Omnimar, un groupe russe aux chansons dark wave, sorte de pop éléctro sombre assez difficile à définir, que j’ai trouvé un peu par hasard lors de mes pérégrinations sur Youtube.

Et enfin, album de l’année, même s’il est sorti en octobre 2016, Requiem for Romance du groupe Nightclub. On est cette fois dans l’électro américaine, avec une ambiance étrange, très « néons ». Le groupe est connu notamment pour la bande son d’un dessin animé pour adulte que je n’ai pas regardé, Moonlight City.

J’aurai du mal à vraiment vous le définir, mais je peux vous le faire écouter :



Voilà pour mes tops de l’année. Qu’en pensez-vous ? Quels sont les vôtres ?

Je vous souhaite de bonnes fêtes de fin d’année et vous dis à bientôt !

dimanche 15 octobre 2017 | By: Morgane Stankiewiez

Blade Runner 2049 - Les IA domestiques rêvent-elles de moutons électriques ?

Comme tous les amateurs de Science-Fiction, le film Blade Runner m’a toujours fasciné, par son ambiance néo-noir, son esthétique incroyable, sa musique fascinante et ses questionnements sur le cœur de l’humanité. Je me souviendrai toujours de la scène finale et de l’affrontement, avant tout métaphysique, entre Deckard, joué par Harrison Ford, et Roy, incarné par Rutger Hauer. C’est un chef d’œuvre, l’un des très rares films qui vont, à mon sens, au-delà du livre dont ils sont tirés.

Ainsi Denis Villeneuve, que j’ai découvert avec Premier Contact, film bon mais imparfait, avait une sacrée pression. Égaler Ridley Scott (à l’époque où le réalisateur faisait du cinéma j’entends) n’est pas mince affaire. L’équipe du premier film n’était pas bien loin cependant, entre Harrison Ford et Hampton Fancher, le scénariste qui a repris du service. Comme on sait à quel point l’écriture d’un film est vitale, le voir au scénario a toute son importance.

Résultat ?


Et bien je dois avouer que ce Blade Runner 2049 est un petit joyau. Pourtant ça commençait fraîchement : la scène d’ouverture est en effet plutôt faible visuellement, en comparaison du premier film qui nous plongeait directement dans son monde urbain, mais elle est utile pour le scenario et nous laisse un répit avant de découvrir le Los Angeles de Villeneuve, une ville tentaculaire et aux multiples verticalités, que nous verrons longuement dans le film. Car oui, c’est l’une des forces de ce film, les visuels sont absolument magnifiques, des œuvres d’art dynamiques, qui flattent l’œil et ouvrent l’esprit par leur grandeur et leurs détails. Je ne me souviens pas avoir déjà autant apprécier un film visuellement. Ce travail magistral se mêle à merveille avec le rythme lent du film, nous laissant vraiment le temps de nous perdre dans ce futur noir et attirant à la fois.

Couplés à une bande son excellente et dans l’esprit du premier film, mais avec une touche de modernisme et une personnalité propre, les seuls visuels valent le déplacement dans une salle obscure. En fait, le film aurait pu être mal joué et mal écrit qu’on aurait tout de même pu l’apprécier d’un point de vue esthétique.

N'est-ce pas une vue splendide ? Le film est aussi beau...
Mais la coquille n’est pas vide. L’intrigue tout d’abord, se tient plutôt bien. Il y a quelques raccourcis, mais l’enquête se suit avec plaisir, dans un rythme lent, comme je l’ai dit, qui permet aux éléments de se mettre naturellement en place, tout en proposant des cadres grandioses et très variés. Chacun a une personnalité propre, une ambiance particulière et travaillée, si bien que l’on apprécie vraiment les scènes d’exposition. Pour revenir sur l’enquête, elle n’est pas la plus complexe ou travaillée du monde du cinéma, mais elle suffit amplement et parvient à garder l’intérêt entier.

Les personnages soufflent le chaud et le tiède, quant à eux. Ainsi, le milliardaire incarné par Jared Leto manque cruellement de caractérisation et paraît assez archétypal, même s’il est bien joué. À l’inverse, le héros, K, joué par Ryan Gosling que pourtant je n’apprécie guère, s’en sort très bien. La complexité de son personnage interpelle et Ryan l’incarne avec justesse, surtout pendant les moments de révélations. Mention spéciale pour Joi, une IA uniquement virtuelle, sorte d’Amazon Home perfectionnée, qui crée chez le spectateur une grande empathie. On ne sait jamais s’il s’agit d’un produit ou d’une personne, et pourtant on s’attache à elle et on lui prête facilement des sentiments. On veut qu’elle ressente et qu’elle soit vraie, on veut y croire, que ce soit la réalité ou une illusion. Les questions que soulèvent ce personnage sont donc passionnantes et, au final, c’est Joi qui répond le plus en profondeur au thème de l’univers : les androïdes rêvent-ils de moutons électriques ? Bref, je ne m’attendais pas du tout à cela et elle apporte bien plus que les méchants, trop stéréotypés.



Malgré toutes les qualités énoncées, il nous manque malheureusement quelque chose, en comparaison du premier film, cette force métaphysique sur le sens de l’humanité. Visuellement ce Blade Runner 2049 est parfait, l’intrigue se tient, mais nous n’avons pas de Roy. Les méchants n’apportent rien au propos, se contentant de faire réagir les personnages et de les pousser à se connaître. Ils incarnent uniquement l’opposition. C’est intéressant, certes, mais le conflit existentiel est absent, ou en tout cas moins présent. Le film a une âme, c’est déjà beaucoup, mais il ne va pas aussi loin que le premier. Cela le rend peut-être plus accessible par ailleurs, et c’est une bonne chose. Et puis, il ne fait pas redite, c’est aussi suffisamment rare pour être noté.

Pour conclure, il s’agit d’une œuvre magistrale, visuellement somptueuse, lente mais dans le bon sens. Encore une fois, mention pour Joi, un personnage vraiment réussi et qui intéresserait certainement Turing. Mais la poésie sombre, la puissance thématique du premier s’échappe un peu. Tant pis, personne ne devrait se priver de ses œuvres en dépit de cela, car la barre était haute. Villeneuve a réussi son pari et, s’il n’égale pas le premier film de Scott, il s’agit d’une suite excellente que Ridley n’aurait jamais pu faire lui-même.


Allez le voir, si ce n’est déjà fait.
samedi 29 juillet 2017 | By: Morgane Stankiewiez

Valerian - Top ou Flop ?



Luc Besson avait frappé fort avec Lucy, qui avait très bien marché en France, et surtout aux États-Unis. Hélas, il s’agissait d’un navet imbuvable : tout ou presque était à jeter dans ce film, et cela me faisait craindre le pire pour Valerian. J’y suis allé un peu à reculons, prêt à la déception, et quelle ne fut pas ma surprise que de me trouver devant un bon film.

Commençons par le plus évident : c’est beau. Les images sont sublimes, les décors débordent de détails et de couleurs, complétement dépaysants. Tout ce que l’on attendrait d’un Star Wars en fait, avant le passage remarqué de ce très cher J.J. L’Éventreur. L’univers foisonne d’inventivité, et on en prend plein les yeux. Pour du Space Opera, c’est un peu la base, et Besson s’en sort avec les honneurs. J’irais jusqu’à dire que c’est encore meilleur que le Cinquième Élément sur cet aspect, alors que ce film était déjà très bon sur cet aspect. Bref, on sait où a été dépensé le budget…

Mais un univers détaillé et flamboyant ne suffit pas, comme nous l’a prouvé le fiasco de John Carter, qui parvenait à mélanger avec talent des visuels époustouflant et un ennui sans faille. L’intrigue, les personnages et le rythme doivent suivre. Et c’est vraiment là que j’ai été agréablement surpris.

Je ne vais pas raconter le film, mais si l’intrigue reste classique, elle a le mérite de ne pas suivre les canons d’Hollywood et de proposer beaucoup moins de manichéisme. Les méchants ne le sont pas vraiment, ont des points de vue défendables et ne paraissent pas ridicules, comme on peut le voir encore une fois dans toute la production actuelle dominée par Disney. Le tout est livré avec un bon rythme, et on ne s’ennuie jamais. Les moments de pause sont en général drôles, ou mignons, mais font bien leur office. Les scènes d’actions, qui ne représentent pas la majorité du film, sont bien filmées et lisibles, ce qui arrive dans certains blockbusters.

Les personnages, quant à eux, m’ont plu. Je ne connais pas la BD, mais j’ai trouvé les deux acteurs convaincants, assez drôles, voire attachants. Même Rihanna, que j’avais vu dans l’oubliable Battleship, ne s’en sort pas trop mal. Elle ne gagnera pas l’oscar, certes, mais n’est pas ridicule pour autant. Mention spéciale quand même pour Cara Delevingne, qui se débrouillait déjà dans Suicide Squad (ce qui relève un peu de la mission impossible vue la misère du film) et qui ici incarne très bien Laureline.

Les seconds rôles ne sont pas mauvais non plus, et si aucune ne marquera l’imaginaire durablement, les acteurs remplissent très bien leur office et on ne leur jettera pas de pierre.

En me relisant, je me dis que l’avis fait peut-être mitigé, mais voyons les choses comme cela : il s’agit du meilleur long-métrage de Space-Opera de ces dernières années, le genre de films que j’aurais aimé voir quand la licence Star Wars a été relancée, et qui les dépasse allégrement. Il s’agit du même budget que Le Réveil de la Force, et la différence est d’autant plus frappante. Hallucinant de voir que les Américains le boudent. Peut-être que le côté moins manichéen et plus subtil ne passe pas. Après tout, ils ont bien voté Trump…

Alors certes, ça reste un peu gentillet et familial, mais voir un film français reprendre le flambeau de la SF fait sacrément plaisir, surtout aujourd’hui, d’autant plus qu’il ne s’agit pas d’une énième suite. Je recommande vivement à tous les amoureux de ce genre, et il faut absolument le voir au cinéma. Besson a bien lavé l’erreur Lucy, espérons juste que le box-office le comprenne. Top !
dimanche 16 octobre 2016 | By: Morgane Stankiewiez

Virtual Revolution : Révolution dans le cinéma français ?



Qu’est-ce donc que ce film, sorti en salle le 12 octobre 2016 ? Si vous habitez Paris, vous avez peut-être croisé l’une des affiches dans le métro. Si vous suivez de près l’actualité de la SF, peut-être, par hasard, en avez-vous entendu parlé. Autrement, il y a peu de chance que vous ne connaissiez pas du tout ce film. Et c’est bien dommage

Avant de rentrer dans le cœur de cette chronique très amatrice, un petit retour sur le projet en lui-même : film de science-fiction français (mais tourné en anglais), au budget équivalent à 45 secondes de Suicide Squad (j’ai compté…), il a été refusé par tous les producteurs français (enfin, tous sauf un…). Et bien oui, vous savez, le cinéma est censé parler de la vie de tous les jours des gens, de montrer les difficultés de s’adapter dans un camping ou de la douleur de découvrir sa belle-famille.

La SF, en revanche, c’est mauvais genre. Ça ne paye pas. C’est pas du vrai cinéma… Bref, si on en rit jaune, Guy-Roger Duvert et Olivier Biercewitz, respectivement créateur et producteur exécutif du film, n’ont pas baissé les bras et l’ont financé sans aucune subvention, uniquement avec des fonds privés, et en prenant des acteurs moins chers que les mastodontes du ciné. Pas de Clapier ou Depardieu ici. (Ouf, diraient certains…)

Un mois ou deux avant la sortie, ils ont également appris que leur distributeur ne comptait pas faire de sortie en salle, mais uniquement en DVD. Les créateurs, peu ravis, ont décidé de le distribuer en salles eux-mêmes, et quelques rares cinémas indépendants ont joué le jeu… et ils affichent séance complète depuis presque une semaine. D’ailleurs, l’équipe du film était présente à la séance et ont répondu à des questions du public après la projection, dans un échange intéressant, sur des sujets qui, vous l’aurez compris à force, me passionnent.

Nous avons aussi eu, les amis avec qui j’étais et moi-même, l’occasion d’échanger avec le producteur et le réalisateur après les questions-réponses, et de discuter cinéma français, nouvelles technologies, science-fiction et prises de risques. L’équipe s’est montrée accessible, humaine, et résolument passionnée. J’insiste sur ce dernier point, parce que c’est cette passion que l’on retrouve dans les choix du film. Ce n’est pas quelque chose de commercial, mais une œuvre accouchée et portée dans la douleur et l’effort.

Donc voilà, je ne suis pas allé voir ce film par hasard, mais bien pour montrer que je soutenais ce projet un peu fou et que je voulais, comme beaucoup d’autres spectateurs français, voir autre chose que des drames familiaux. Il faut encourager des créateurs aussi investis pour changer les choses, au sein d’une profession morose et sclérosée.

Mais rien de tout cela ne vous dit si la qualité est là !

Alors, ce film ?


Attention, la Bande-Annonce en dit un peu trop à mon goût.

Le film traite comme son nom l’indique de la réalité virtuelle, le postulat de départ étant qu’à l’horizon de 2047, cette technologie est devenue si performante que la majorité de la population a abandonné la sphère du réelle et ne vit qu’online.

Le héros, ou plutôt l’anti-héros, est un privé travaillant pour l’une des multinationales et qui se retrouve à enquêter sur des attaques cyber-terroristes.

Un thème porteur, surtout quand on sait que 2016 est l’année de la réalité virtuelle, ou plutôt le coup d’envoi de sa diffusion auprès du grand public.

Visuellement, le film est somptueux. Vraiment, c’est une excellente surprise. On est dans un Paris rétro-futuriste, où les éléments désuets côtoient les nouvelles tours à la Blade-Runner. Je ne suis pas expert en plans et en techniques, mais l’univers est très bien retranscrit à l’écran et, à plusieurs reprises, j’ai pu admirer le soin apporté aux décors. Les couleurs rappellent les classiques de la SF, avec des tons plutôt or et ocres, encore une fois en phase avec l’imagerie d’un Blade-Runner, un Bienvenue à Gattaca ou encore un Deus-Ex. Les images de synthèse sont un peu moins jolies, mais c’est une question de budget et non de vision artistique. Ça reste somme toute très correct.

Du coup, ce Paris désert (les personnes connectées ne sortant plus guère dans les rues) est très réussi. Mais, qui parle de réalité virtuelle, parle d’univers (appelés Verses dans le film) et ceux-ci dénotent totalement du monde réel. Ils manquent un peu de personnalité à mon goût, mais reflètent bien les jeux-vidéo d’aujourd’hui (non pas que ceux-ci manquent de personnalité, mais les univers décrits dans le film sont représentatifs). En tout cas ils font leur office d’opposition par rapport à la réalité, opposition que l’on voit aussi dans les combats. Le film en présente beaucoup (certains un peu longuets, ce n’est pas la force du film, même si ça ne le dessert pas) et on voit une grande différence entre ceux, policés et softs des mondes virtuels, et ceux, plus rugueux et violents du monde réel. Cette différence est vraiment intéressante et appuie le propos, même si, une fois encore, ils ne sont jamais excellents.

Pour ce qui est des personnages, le protagoniste semble tout droit issu d’un film noir. Torturé, ambiguë moralement, asocial mais attachant, on retrouve une fois encore la complexité des grands films du genre. Ce n’est pas un personnage prémâché et cela fait vraiment du bien. Cela surprend même, parfois. Les antagonistes et rôles secondaires sont aussi dans l’ambiguïté, jamais dans la facilité, même s’ils semblent moins riches que le protagoniste.

L’intrigue est classique, mais maîtrisée et elle se déroule dans les règles de l’art. Il y a des moments un peu plus faibles que d’autres, mais elle sert avant tout à présenter les dilemmes moraux du protagoniste, ainsi qu’à élargir sur la thématique du film, qui pose beaucoup de questions sur notre société. Sans apporter de réponses (et ça, c’est chouette). La fin, dont je ne spoilerai rien, m’a en revanche surpris, dans le sens où elle est clivante. Elle est dure. Elle est inattendue dans un film de 2016 et son paysage lisse. J’irais jusqu’à dire qu’elle est excellente et témoigne d’une grande subtilité.

Pour Conclure :

Une bonne surprise, qui me rappelle le ressenti d’œuvres comme Looper ou Clones (Surrogates), avec un budget pourtant tellement moindre. J’y ai pris plus de plaisir que la plupart des films gros-budget récents et, pour l’instant (mais on est déjà en octobre), c’est ma plus belle surprise en 2016.

Bref, si vous aimez la SF et que le film passe près de chez vous : s’il vous plaît, allez le voir.