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mercredi 10 octobre 2018 | By: Morgane Stankiewiez

Chronique littéraire : Vert-de-Lierre, de Louise Le Bars

Il y a des romans que l’on dévore, et il y a ceux, rares et dangereux, qui vous dévorent. Ces ouvrages ne se montrent pas toujours comme tels dès le début : ils prennent parfois le temps d’étendre leur toile autour de la victime inconsciente que vous êtes. Puis, vient le moment où les mots s’échappent du livre et entrent en vous, y prennent racines et, avant que vous ne vous en rendiez compte, il n’y a plus qu’eux. Seuls comptent l’histoire et les personnages, quitte à vous arracher un moment de votre vie. Une obsession.

Rare, donc.

C’est pourtant bel et bien ce qui s’est passé avec le roman Vert-de-Lierre, de Louise Le Bars.


Pour recontextualiser, j’ai rencontré Louise aux Halliennales, invitée par Marie-Aude (NDLR : une autrice de chez Noir d’Absinthe), qui avait elle-même fait sa rencontre en Bretagne, il n’y a pas si longtemps. Louise m’a brièvement montré son livre dans la journée, mais il a fallu attendre la soirée et des discussions, pour que je cerne mieux l’autrice et soit ainsi intrigué par ce qu’elle pouvait bien écrire, d’autant que nous semblions avoir des références communes.

Elle n’avait plus d’exemplaires sur elle, et j’ai donc pris l’ebook le lendemain, guidé par l’intuition. Chose rare, je l’ai commencé immédiatement, intrigué par ce concept de vampire végétal, brièvement mentionné sur le résumé (résumé que j’avais à peine survolé). Et puis avouons-le, depuis que je travaille à mon compte, je ne lis plus que les œuvres de mes connaissances.

J’espérais apprécier la plume de Louise, avec toutefois la crainte de ne pas adhérer (on a toujours un peu cette peur, lorsque l’on lit le texte de quelqu’un que l’on apprécie), auquel cas j’aurais fait semblant de rien et n’aurais pas mentionné ma lecture. Comme vous l’avez vu avec l’introduction de mon avis, cette crainte était infondée.

Voici le résumé, pour celles et ceux qui les lisent en entier, même si je vous en déconseille la lecture. Bien que pertinent, il ne démontre en rien la richesse de cette œuvre. Mieux vaut entrer dedans dans le même état que le personnage principal, c’est-à-dire vierge et sans repères.

Olivier Moreau, un auteur de romans policiers en manque d'inspiration, décide de retourner dans le village de sa grand-mère tout juste décédée afin d'y régler certains détails. Il y renoue avec les souvenirs de son enfance, et redécouvre un étrange personnage de conte populaire local surnommé le Vert-de-Lierre, sorte d'antique vampire végétal qui le fascinait enfant. Cet intérêt va déclencher des visions et cauchemars chez l'écrivain en mal d'imaginaire ainsi que la rencontre de deux femmes tout aussi intrigantes l'une que l'autre. Olivier découvrira que cette figure païenne ancestrale est bien plus qu'un simple conte bon à effrayer les enfants...

Le récit est assez délicat à chroniquer, et j’ai peur que les mots ne suffisent pas à exprimer la fascination de cette lecture. On pense d’abord entrer dans un roman masculin, centré sur le personnage principal (auteur de polar en manque d’inspiration), qui découvre les mystères dans un petit village. Dans un sens ce n’est pas faux, mais le récit va bien plus loin.

Il confronte Olivier, mais aussi le lecteur, à d’autres personnages, féminins, dont la psyché est délicatement ciselée. L’histoire nous échappe d’ailleurs, tout comme à Olivier, et appartient aux héroïnes du récit, nymphes cruelles qui se sont jouées de nous et nous ont fait croire que nous avions un mot à dire, alors que nous avions seulement des yeux pour lire.

La plume de Louise permet de trouver cette finesse et cette subtilité, tant elle est magique. C’est le genre de romans où l’on peut s’arrêter sur les phrases, pour les relire, tant elles sont belles. Difficile de croire qu’il s’agit d’un premier roman, et plus dur encore d’imaginer jusqu’où l’autrice pourra aller. Vraisemblablement au sommet, si elle continue sur cette voie. En tant qu’auteur, c’est presque douloureux d’assister à une telle maîtrise de la langue, et mon complexe de l’imposteur s’est réveillé un peu plus à chaque page. J’en suis ressorti aussi heureux de ma lecture que vexé dans mon amour propre.

Cela dit, une belle plume sans fond n’a que peu d’intérêt, et c’est là que l’œuvre brille. Il ne s’agit pas d’un ersatz, mais d’un authentique diamant. Véritable roman gothique, dans la lignée de la littérature du XIXe siècle, l’intrigue se paye le luxe d’être admirablement construite et de se tenir, de bout en bout, même si on la voit venir. Pas grave, Louise le fait si bien qu’on a envie de se laisser piéger, même une fois qu’on a perçu ces toiles dont je vous parlais plus tôt. Il n’y a pas de souci de rythme non plus, écueil qui peut souvent faire chavirer les textes uniquement stylistiques, et, cerise sur un gâteau déjà bien toqué, le texte est engagé et fait réfléchir sur la condition féminine, à travers les siècles comme aujourd’hui.

Comment une jeune autrice peut produire tel bijou, je l’ignore. Pire, comment a-t-elle fait pour ne pas être prise par Grasset ou Gallimard ? C’est une honte...

L’œuvre n’est pas parfaite (j’ai notamment été déçu par le tout dernier chapitre, que je trouvais en trop, et j’ai aussi trouvé qu’il manquait un dernier passage éditorial, mais je chipote et c’est le professionnel qui parle), mais à mes yeux, c’est une merveille.

Si vous êtes sensible au beau, à la fascination et aux sentiments, au vampire et à la virtuosité de la langue, alors n’hésitez pas. On tient peut-être notre future Anne Rice.

lundi 2 avril 2018 | By: Morgane Stankiewiez

Chronique Littéraire - L'Empire des Chimères de Philippe-Aurèle Leroux

Une fois n’est pas coutume, je reviens vers vous avec une chronique littéraire, pour l’Empire des Chimères, de Philippe-Aurèle Leroux, paru aux éditions Le Grimoire. Il s’agit d’un livre de fantasy antique, à l’époque de la Rome impériale.

Selina valide !
Le résumé :

Le culte de Mithra se propage dans les légions romaines des Alpes. Le vétéran Decimus Valerius n'a d'autre choix que de s'y initier et d'en apprendre les mystères pour devenir, un jour, centurion.

La nuit, Briana, fille cadette du proconsul de Rhétie, observe d'étranges étoiles qui filent vers le Mons Caeli. À force de ténacité et de persuasion, elle parvient à obtenir l'autorisation de s'y rendre sous l'escorte de Decimus. Les ordres donnés à ce dernier sont clairs : la jeune femme ne doit jamais atteindre son objectif.

Gurnt est rejeté par les jeunes guerriers de son village qui n'acceptent pas son étrange apparence féline. Il lutte contre une violence sourde qui lui ronge le cœur, fait bouillir son sang, enchaîne son âme et obscurcit son avenir...

Alors que le Mons Caeli paraît être le point d'orgue de toutes les ambitions et de tous les secrets, se pourrait-il qu'il en soit aussi l'origine ?

La chronique :

Comme le résumé l’indique, on suivra trois personnages résolument différents à travers tout le récit, avec une alternance de points de vue, classique de la fantasy exploité ici avec efficacité, notamment parce que chaque personnage est très bien caractérisé. On a ainsi une fille de famille patricienne, cultivée mais encore immature, un soldat qui a roulé sa bosse et un adolescent barbare en quête d’identité. J’ai personnellement une préférence pour Decimus, le militaire, car particulièrement complexe et dénué de manichéisme. Le genre de personnages que j’aime beaucoup et que l’on retrouve trop rarement dans ce type de textes.

Le début du roman semble classique, mais s’écarte de ce classicisme par à-coups, et c’est tout l’intérêt du texte. Celui-ci s’ancre dans l’histoire et la fantasy, pour très vite sortir des sentiers battus et surprendre le lecteur. Cela se fait d’abord par petites touches bienvenues, puis de manière plus flagrante, ce que je n’aborderai pas plus en détail pour ne pas gâcher ladite surprise.

Le ton est tantôt sombre, tantôt léger, ce qui permet de nous proposer un univers violent et des personnages particulièrement cruels, sans tomber dans la caricature ni oppresser le lecteur. On ne rentre ainsi jamais tout à fait dans la dark fantasy, tout en restant dans l’esprit de la Rome impériale. Une plongée un peu plus noire ne m’aurait pas dérangé, mais c’est là une question de goûts.

En parlant de Rome, l’univers est particulièrement fouillé et travaillé. Un glossaire, à la fin de l’ouvrage, permet d’ailleurs de nous y retrouver dans les locutions et termes latins, suffisamment nombreux pour nous immerger dans le récit, sans prendre des allures de livre d’histoire. C’est très appréciable.

Enfin, des illustrations de belle facture habillent le récit par moments, un plus toujours bienvenu.

En conclusion :

Il s’agit d’un très bon texte de fantasy historique, à cheval entre plusieurs genres et qui m’a rappelé la découverte de cette littérature, il y a des années de cela. C’est typiquement le genre d’ouvrages que je dévorais et dont je me suis un peu détaché avec les années. Cette replongée n’en a été que plus agréable, d’autant que l’auteur évite soigneusement la redite et innove sur beaucoup de points.

Une très belle découverte que je conseille aussi bien aux amateurs de fantasy que d’historique et d’antiquité.

dimanche 15 octobre 2017 | By: Morgane Stankiewiez

Blade Runner 2049 - Les IA domestiques rêvent-elles de moutons électriques ?

Comme tous les amateurs de Science-Fiction, le film Blade Runner m’a toujours fasciné, par son ambiance néo-noir, son esthétique incroyable, sa musique fascinante et ses questionnements sur le cœur de l’humanité. Je me souviendrai toujours de la scène finale et de l’affrontement, avant tout métaphysique, entre Deckard, joué par Harrison Ford, et Roy, incarné par Rutger Hauer. C’est un chef d’œuvre, l’un des très rares films qui vont, à mon sens, au-delà du livre dont ils sont tirés.

Ainsi Denis Villeneuve, que j’ai découvert avec Premier Contact, film bon mais imparfait, avait une sacrée pression. Égaler Ridley Scott (à l’époque où le réalisateur faisait du cinéma j’entends) n’est pas mince affaire. L’équipe du premier film n’était pas bien loin cependant, entre Harrison Ford et Hampton Fancher, le scénariste qui a repris du service. Comme on sait à quel point l’écriture d’un film est vitale, le voir au scénario a toute son importance.

Résultat ?


Et bien je dois avouer que ce Blade Runner 2049 est un petit joyau. Pourtant ça commençait fraîchement : la scène d’ouverture est en effet plutôt faible visuellement, en comparaison du premier film qui nous plongeait directement dans son monde urbain, mais elle est utile pour le scenario et nous laisse un répit avant de découvrir le Los Angeles de Villeneuve, une ville tentaculaire et aux multiples verticalités, que nous verrons longuement dans le film. Car oui, c’est l’une des forces de ce film, les visuels sont absolument magnifiques, des œuvres d’art dynamiques, qui flattent l’œil et ouvrent l’esprit par leur grandeur et leurs détails. Je ne me souviens pas avoir déjà autant apprécier un film visuellement. Ce travail magistral se mêle à merveille avec le rythme lent du film, nous laissant vraiment le temps de nous perdre dans ce futur noir et attirant à la fois.

Couplés à une bande son excellente et dans l’esprit du premier film, mais avec une touche de modernisme et une personnalité propre, les seuls visuels valent le déplacement dans une salle obscure. En fait, le film aurait pu être mal joué et mal écrit qu’on aurait tout de même pu l’apprécier d’un point de vue esthétique.

N'est-ce pas une vue splendide ? Le film est aussi beau...
Mais la coquille n’est pas vide. L’intrigue tout d’abord, se tient plutôt bien. Il y a quelques raccourcis, mais l’enquête se suit avec plaisir, dans un rythme lent, comme je l’ai dit, qui permet aux éléments de se mettre naturellement en place, tout en proposant des cadres grandioses et très variés. Chacun a une personnalité propre, une ambiance particulière et travaillée, si bien que l’on apprécie vraiment les scènes d’exposition. Pour revenir sur l’enquête, elle n’est pas la plus complexe ou travaillée du monde du cinéma, mais elle suffit amplement et parvient à garder l’intérêt entier.

Les personnages soufflent le chaud et le tiède, quant à eux. Ainsi, le milliardaire incarné par Jared Leto manque cruellement de caractérisation et paraît assez archétypal, même s’il est bien joué. À l’inverse, le héros, K, joué par Ryan Gosling que pourtant je n’apprécie guère, s’en sort très bien. La complexité de son personnage interpelle et Ryan l’incarne avec justesse, surtout pendant les moments de révélations. Mention spéciale pour Joi, une IA uniquement virtuelle, sorte d’Amazon Home perfectionnée, qui crée chez le spectateur une grande empathie. On ne sait jamais s’il s’agit d’un produit ou d’une personne, et pourtant on s’attache à elle et on lui prête facilement des sentiments. On veut qu’elle ressente et qu’elle soit vraie, on veut y croire, que ce soit la réalité ou une illusion. Les questions que soulèvent ce personnage sont donc passionnantes et, au final, c’est Joi qui répond le plus en profondeur au thème de l’univers : les androïdes rêvent-ils de moutons électriques ? Bref, je ne m’attendais pas du tout à cela et elle apporte bien plus que les méchants, trop stéréotypés.



Malgré toutes les qualités énoncées, il nous manque malheureusement quelque chose, en comparaison du premier film, cette force métaphysique sur le sens de l’humanité. Visuellement ce Blade Runner 2049 est parfait, l’intrigue se tient, mais nous n’avons pas de Roy. Les méchants n’apportent rien au propos, se contentant de faire réagir les personnages et de les pousser à se connaître. Ils incarnent uniquement l’opposition. C’est intéressant, certes, mais le conflit existentiel est absent, ou en tout cas moins présent. Le film a une âme, c’est déjà beaucoup, mais il ne va pas aussi loin que le premier. Cela le rend peut-être plus accessible par ailleurs, et c’est une bonne chose. Et puis, il ne fait pas redite, c’est aussi suffisamment rare pour être noté.

Pour conclure, il s’agit d’une œuvre magistrale, visuellement somptueuse, lente mais dans le bon sens. Encore une fois, mention pour Joi, un personnage vraiment réussi et qui intéresserait certainement Turing. Mais la poésie sombre, la puissance thématique du premier s’échappe un peu. Tant pis, personne ne devrait se priver de ses œuvres en dépit de cela, car la barre était haute. Villeneuve a réussi son pari et, s’il n’égale pas le premier film de Scott, il s’agit d’une suite excellente que Ridley n’aurait jamais pu faire lui-même.


Allez le voir, si ce n’est déjà fait.
dimanche 16 octobre 2016 | By: Morgane Stankiewiez

Isulka la Mageresse T1 - L'Avis des Lecteurs

Voilà près d'un mois que le tome 1 des aventures d'Isulka la Mageresse est paru. C'est donc le moment parfait pour se poser et regarder derrière soi.

Lien Amazon

Côté ventes, je devrais hélas rester discret, pour la simple raison que je n'ai pas les chiffres exacts. C'est l'un des affres de la vie d'écrivain: il est difficile d'avoir une vue précise de son succès ou de son flop commercial sur le moment. Il faudra certainement attendre un an pour se faire une vraie idée sur la question. En tout cas, d'après mon éditeur et compte-tenu du peu de chiffres disponibles, ce n'est ni catastrophique, ni mirobolant.

Nous reparlerons donc de l'aspect mercantile plus tard !

Par contre, là où j'ai été agréablement surpris, c'est des retours des différentes chroniqueuses, qui sont dans l'ensemble des plus positifs. C'est donc l'occasion de faire un petit tour des critiques !

I Les Blogs et Services Presse

Le bal des chroniques de SP (Service Presse) a commencé avec Aurélie MM, de Carnet de lecture. Voici un extrait :

" Dorian Lake nous tient en haleine du début à la fin avec un rythme fou. Les protagonistes n'ont pas le temps de s'ennuyer et nous non plus ! On a le droit à des duels, de la magie, des trahisons, des manipulations, beaucoup de rebondissements, un univers riche,... L'auteur arrive à nous surprendre en retournant les situations, ainsi, même ceux qu'on croit du bon côté finissent par franchir les limites et sont attirés par l'appât du gain, à savoir le pouvoir... bref, personnellement, j'ai adoré découvrir l'univers de l'auteur."



Les Lectures d'Esmeralda a également publié une chronique, très positive et encourageante. Voici un extrait :

"Le fait de me retrouver dans une course-poursuite et un contre à la montre essoufflant. De faire face tout comme les héros à une magie puissante et destructrice. La plume de l’auteur, Dorian Lake, est vraiment sublime. Il arrive à vous transporter au cœur de l’action dès les premières phrases et à vous pousser dans des retranchements plutôt inattendus. Il réveille en vous le ou la jeune aventurier(e) qui sommeille en vous !"



Linaderiel, pour le Webzine "les Rebelles", a donné son avis. Elle a trouvé que les personnages principaux ne se livraient pas assez, mais a tout de même pleinement adhéré à l'intrigue et au style. Voici un extrait :

"En résumé, un bon premier tome. J’ai vraiment beaucoup apprécié cette lecture, l’aventure, les légendes égyptiennes, l’action et les mystères sont au rendez-vous et nous emmène dans une histoire « exotique et entraînante ». Je lirai avec plaisir la suite d’Isulka la mageresse."



Gabrielle Viszs a aussi pris le temps de critiquer le roman sur son blog, les Chroniques Livresques. Elle a beaucoup aimé et mentionne particulièrement l'attrait du pouvoir qui est, il est vrai, au cœur des motivations des antagonistes. Voici un extrait :

"J'ai été surprise par les créatures en même temps que les personnages lorsqu'ils montrent le bout de leur nez. Les relations familiales ne sont pas les plus fortes. Le pouvoir est ce qui est le plus fort et rien ne peut se mettre en travers de la route de ceux qui veulent accéder au trône. Pour preuve un combat à mort où même lorsque tout semble désespéré, la fin n'est pas forcément celle que l'on croit."



K.Sangil, une collègue autrice également publiée chez Lune Ecarlate avait pré-commandé le livre et l'a chroniqué sur son blog. J'ai aussi répondu à quelques questions, que vous découvrirez à la suite de l'article. Voici un extrait :

"Je découvre le style de Dorian Lake. Une écriture qui se lit vite, de belles présentations des personnages, détaillées, en images et en références. J’ai l’impression de prendre le temps de les découvrir et c’est très agréable."



Enfin, Anne a chroniqué le livre pour Phénix Web. Anne s'est occupée des corrections d'Isulka, donc elle connaît intimement le texte. Lire sa critique m'a fait d'autant plus plaisir (à noter que j'ai aussi répondu à une longue interview, si en savoir plus sur l'auteur derrière la plume vous intéresse). Voici un extrait :

"Cet excellent roman d’aventures a tout pour plaire : des personnages hauts en couleurs, duo improbable d’anti-héros virevoltant au sein d’une intrigue teintée d’un obscur mystère, voire d’occultisme, une écriture légère et un rythme trépidant qui emmène le lecteur subjugué dans mille et une situations plus rocambolesques les unes que les autres…"



Update: Une nouvelle chronique, par Neko, est tombée. Elle a été passionnée par le côté cape et épée, mais un peu moins par l'aspect magie. Il faut dire que les deux genres se mélangent dans le roman. Elle a malgré tout passé un très bon moment !

Les scènes d'action sont prenantes et m'ont tenue en haleine ; le ton est, dans l'ensemble, plutôt léger, empreint d'humour et d'ironie (sauf à la fin, avec un passage qui se rapprocherait plus de la dark fantasy, vu l'horreur des scènes).



Voilà à ce jour pour les critiques blog/SP. Les critiques que je montre sur ce billet sont positives, mais ce n'est pas une sélection de ma part. J'ai en effet été exhaustif dans les critiques de blog. Peut-être que certaines blogueuses n'ont pas aimé le livre, mais dans ce cas elles n'en ont pas parlé.

Un grand merci à celles qui ont pris le temps de lire ce roman, et la peine d'en parler.

II Avis Amazon et Wattpad (3 premiers chapitres)

J'ai reçu plusieurs avis sur Amazon (mais pas assez ! J'en ai 4 au moment où j'écris ces lignes et hélas c'est très peu. Les avis Amazon sont très importants pour un livre.).

En voici quelques-uns (cliquez sur l'image pour agrandir) :

Taille Réelle

Pour terminer, voici quelques avis récoltés sur Wattpad, pour les 3 premiers chapitres uniquement. (cliquez sur les images pour agrandir) :

Taille Réelle
Voilà donc. Pour conclure le livre récolte de bons avis et a l'air de plaire. Je ne sais pas s'il aura du succès commercial, mais savoir que son roman trouve son public, même réduit, c'est déjà un sentiment fort et qui pousse à continuer ce chemin de l'écriture.

Virtual Revolution : Révolution dans le cinéma français ?



Qu’est-ce donc que ce film, sorti en salle le 12 octobre 2016 ? Si vous habitez Paris, vous avez peut-être croisé l’une des affiches dans le métro. Si vous suivez de près l’actualité de la SF, peut-être, par hasard, en avez-vous entendu parlé. Autrement, il y a peu de chance que vous ne connaissiez pas du tout ce film. Et c’est bien dommage

Avant de rentrer dans le cœur de cette chronique très amatrice, un petit retour sur le projet en lui-même : film de science-fiction français (mais tourné en anglais), au budget équivalent à 45 secondes de Suicide Squad (j’ai compté…), il a été refusé par tous les producteurs français (enfin, tous sauf un…). Et bien oui, vous savez, le cinéma est censé parler de la vie de tous les jours des gens, de montrer les difficultés de s’adapter dans un camping ou de la douleur de découvrir sa belle-famille.

La SF, en revanche, c’est mauvais genre. Ça ne paye pas. C’est pas du vrai cinéma… Bref, si on en rit jaune, Guy-Roger Duvert et Olivier Biercewitz, respectivement créateur et producteur exécutif du film, n’ont pas baissé les bras et l’ont financé sans aucune subvention, uniquement avec des fonds privés, et en prenant des acteurs moins chers que les mastodontes du ciné. Pas de Clapier ou Depardieu ici. (Ouf, diraient certains…)

Un mois ou deux avant la sortie, ils ont également appris que leur distributeur ne comptait pas faire de sortie en salle, mais uniquement en DVD. Les créateurs, peu ravis, ont décidé de le distribuer en salles eux-mêmes, et quelques rares cinémas indépendants ont joué le jeu… et ils affichent séance complète depuis presque une semaine. D’ailleurs, l’équipe du film était présente à la séance et ont répondu à des questions du public après la projection, dans un échange intéressant, sur des sujets qui, vous l’aurez compris à force, me passionnent.

Nous avons aussi eu, les amis avec qui j’étais et moi-même, l’occasion d’échanger avec le producteur et le réalisateur après les questions-réponses, et de discuter cinéma français, nouvelles technologies, science-fiction et prises de risques. L’équipe s’est montrée accessible, humaine, et résolument passionnée. J’insiste sur ce dernier point, parce que c’est cette passion que l’on retrouve dans les choix du film. Ce n’est pas quelque chose de commercial, mais une œuvre accouchée et portée dans la douleur et l’effort.

Donc voilà, je ne suis pas allé voir ce film par hasard, mais bien pour montrer que je soutenais ce projet un peu fou et que je voulais, comme beaucoup d’autres spectateurs français, voir autre chose que des drames familiaux. Il faut encourager des créateurs aussi investis pour changer les choses, au sein d’une profession morose et sclérosée.

Mais rien de tout cela ne vous dit si la qualité est là !

Alors, ce film ?


Attention, la Bande-Annonce en dit un peu trop à mon goût.

Le film traite comme son nom l’indique de la réalité virtuelle, le postulat de départ étant qu’à l’horizon de 2047, cette technologie est devenue si performante que la majorité de la population a abandonné la sphère du réelle et ne vit qu’online.

Le héros, ou plutôt l’anti-héros, est un privé travaillant pour l’une des multinationales et qui se retrouve à enquêter sur des attaques cyber-terroristes.

Un thème porteur, surtout quand on sait que 2016 est l’année de la réalité virtuelle, ou plutôt le coup d’envoi de sa diffusion auprès du grand public.

Visuellement, le film est somptueux. Vraiment, c’est une excellente surprise. On est dans un Paris rétro-futuriste, où les éléments désuets côtoient les nouvelles tours à la Blade-Runner. Je ne suis pas expert en plans et en techniques, mais l’univers est très bien retranscrit à l’écran et, à plusieurs reprises, j’ai pu admirer le soin apporté aux décors. Les couleurs rappellent les classiques de la SF, avec des tons plutôt or et ocres, encore une fois en phase avec l’imagerie d’un Blade-Runner, un Bienvenue à Gattaca ou encore un Deus-Ex. Les images de synthèse sont un peu moins jolies, mais c’est une question de budget et non de vision artistique. Ça reste somme toute très correct.

Du coup, ce Paris désert (les personnes connectées ne sortant plus guère dans les rues) est très réussi. Mais, qui parle de réalité virtuelle, parle d’univers (appelés Verses dans le film) et ceux-ci dénotent totalement du monde réel. Ils manquent un peu de personnalité à mon goût, mais reflètent bien les jeux-vidéo d’aujourd’hui (non pas que ceux-ci manquent de personnalité, mais les univers décrits dans le film sont représentatifs). En tout cas ils font leur office d’opposition par rapport à la réalité, opposition que l’on voit aussi dans les combats. Le film en présente beaucoup (certains un peu longuets, ce n’est pas la force du film, même si ça ne le dessert pas) et on voit une grande différence entre ceux, policés et softs des mondes virtuels, et ceux, plus rugueux et violents du monde réel. Cette différence est vraiment intéressante et appuie le propos, même si, une fois encore, ils ne sont jamais excellents.

Pour ce qui est des personnages, le protagoniste semble tout droit issu d’un film noir. Torturé, ambiguë moralement, asocial mais attachant, on retrouve une fois encore la complexité des grands films du genre. Ce n’est pas un personnage prémâché et cela fait vraiment du bien. Cela surprend même, parfois. Les antagonistes et rôles secondaires sont aussi dans l’ambiguïté, jamais dans la facilité, même s’ils semblent moins riches que le protagoniste.

L’intrigue est classique, mais maîtrisée et elle se déroule dans les règles de l’art. Il y a des moments un peu plus faibles que d’autres, mais elle sert avant tout à présenter les dilemmes moraux du protagoniste, ainsi qu’à élargir sur la thématique du film, qui pose beaucoup de questions sur notre société. Sans apporter de réponses (et ça, c’est chouette). La fin, dont je ne spoilerai rien, m’a en revanche surpris, dans le sens où elle est clivante. Elle est dure. Elle est inattendue dans un film de 2016 et son paysage lisse. J’irais jusqu’à dire qu’elle est excellente et témoigne d’une grande subtilité.

Pour Conclure :

Une bonne surprise, qui me rappelle le ressenti d’œuvres comme Looper ou Clones (Surrogates), avec un budget pourtant tellement moindre. J’y ai pris plus de plaisir que la plupart des films gros-budget récents et, pour l’instant (mais on est déjà en octobre), c’est ma plus belle surprise en 2016.

Bref, si vous aimez la SF et que le film passe près de chez vous : s’il vous plaît, allez le voir.
jeudi 17 décembre 2015 | By: Morgane Stankiewiez

Quelques films parfaits pour Noël...

Noël arrive, avec ses chocolats, ses sapins, ses cadeaux et sa joie de vivre. C’est le moment de penser à ses proches et de regarder les mièvreries que balancent les ânes de TF1 depuis 50 ans. C’est le moment où les gamins deviennent sages, en attendant le 25 au matin pour redevenir les monstres qu’ils sont réellement.

C’est donc, logiquement, le moment idéal pour parler films d’horreurs : les nuits sont plus courtes, les gens sont plus confiants et le froid glacial de l’hiver tente de s’installer. Je vais donc vous présenter trois récits horrifiques de petit budget, qui n’ont pas forcément l’aura (méritée ?) d’un scream ou d’un saw mais qui valent le détour.

Shuttle

Vous connaissez très certainement le principe des minibus dans certains aéroports : vous vous retrouvez avec des inconnus, de nuit, dans un petit van conduit par un local peu loquace. Il a balancé votre valise à l’arrière sans vous regarder, visiblement costaud. Et ce local peu loquace vous emmène ensuite sur des routes que vous ne connaissez pas, peut-être vers votre hôtel, tout simplement, mais peut-être aussi vers un abattoir ou une secte de maniaques.

Ce film joue habilement sur ce côté inconnu et étranger. Il est violent mais pas gratuit et se révèle inquiétant. On lorgne du côté du slasher movie, mais sans son côté un peu too much et c’est rafraichissant.

Bref, je ne peux pas en dire beaucoup plus sans gâcher l’intrigue, mais le film est plaisant et le dénouement glaçant.


Hostel
Ce film, vous le connaissez peut-être. Il a été produit notamment par Tarantino, à l’époque où il avait encore bon goût. Comme Shuttle, ce film touche des touristes qui se retrouvent dans les pays de l’est, dans une auberge de jeunesse (hostel en anglais). Je ne sais pas vous, mais j’ai déjà voyagé dans des hostels et ce dans les pays de l’est, peu après avoir vu le film d’ailleurs, ambiance ! Ça donne un intérêt supplémentaire si vous connaissez ce genre d’ambiance, car vous vous y retrouverez.

Bref, on découvre tôt dans le film que [Spoiler à venir, donc si vous détestez absolument les spoils, je vous conseille de zapper ce paragraphe. Sinon, ce n’est pas le maxi spoil non plus, mais malgré tout je préviens.] les visiteurs de l’hostel sont plus ou moins jetés en pâture à un club de gentlemen sadique. On peut dire que le film entre dans le sous-genre du torture porn. Sympa !

Les scènes de violence sont poussées, plutôt atroces et totalement à déconseiller à ceux et celles que le gore rebute. C’est crade, cruel, malsain mais bien réalisé. Bref, c’est un film qui marque.

The Descent
 
Les anglais sont bons côté film d’horreur d’ambiance et le prouvent avec ce film. Le réalisateur, que vous avez peut-être découvert sans le savoir avec les séries Game of Thrones ou Black Sails, s’appelle Neil Marshall. Son truc c’est la série b et l’horreur intimiste. The Descente n’y échappe guère.

On suit un groupe de jeunes femmes qui s’aventurent dans des grottes en mode spéléologie, allant dans des endroits de plus en plus étroits et clos. Je ne suis pas particulièrement claustrophobe, mais la descente arrive cependant à créer cette sensation d’étouffement et d’asphyxie. Bien sûr, comme c’est un film d’horreur, tout ne se passe pas bien et la sensation de peur se trouve tout ce qu’il y a de plus justifiée.

Les personnages sont intéressants, notamment l’héroïne dont on découvre le passé peu à peu et qui ne fait pas uniquement tapisserie. Le crescendo est impeccable et accompagne la progression des personnages. Une bonne façon pour découvrir Neil Marshall.

 
Bonus : Eden Lake.

Ce film m’a vraiment fait me sentir mal. Imaginez le jeune couple, qui se retrouve en amoureux au bord d’un lac tout ce qu’il y a de plus charmant. Rajoutez une bande de jeunes cons à la limite de la psychopathie et vous transformez cette petite balade en enfer personnel.

Ce que le film retransmet bien, malgré quelques écueils en crédibilité, c’est le sentiment d’impuissance, notamment quand on suit le parcours de la jeune femme. Je pense que l’horreur est meilleure quand elle montre que malgré tous les efforts, toute l’intelligence et la volonté, rien n’importe et le glas de la condamnation est irrévocable et absolu. Cela rejoint peut-être la peur de la mort, de quelque chose que l’on ne peut pas empêcher, que ce soit pour soi et ses proches.

La cruauté gratuite et l’échappée impossible rendent le tout glauque et malsain à souhait. Bref, vous ne regarderez plus les charmants coins romantiques de la même manière après ce film.


jeudi 22 octobre 2015 | By: Morgane Stankiewiez

Chronique littéraire: Les Dividendes de l'Apocalypse

Note d'intention sur mes avis: si vous suivez ce blog, vous voyez que les rares livres que je vous présente sont jugés favorablement. Ce n'est pas parce que j'aime tout ou que je suis bon public, mais seulement que je choisis sciemment de vous présenter des ouvrages qui m'ont plu. Je ne m'étendrai donc jamais ici sur ceux qui ne m'ont pas convaincus.

J’aime bien les œuvres, quels que soient leur format, qui nous présentent du hors-norme, du grandiloquent, du WTF (Exclamation en Anglais que je ne traduirai pas sur ce blog)... Pas forcément du bizarre ou du compliqué, et surtout pas du raffiné. Mais juste un contexte particulier, Pop et exubérant, une idée déjantée, une imagination à part. C’est pour cela que j’aime autant le pulp ou la série-b et que je m’extasie devant du Planète Terreur. 

Les Dividendes de l’Apocalypse, c’est un peu un bouquin qu’on aurait écrit pour moi. Rien que ça. Déjà ça se passe dans l’espace, sur une cité-état. Cool. Cité-état qui prend le doux nom de Nouveau-Vatican. Ok, là ça devient intéressant. Les gens parlent dans des croix-coms, les gardes suisses ont des hallebardes-fusils-d’assaut et la chapelle Sixtine est un bunker anti-nucléaire. N’en jetez plus, j’achète !

Dividendes

Voilà l’ambiance. C’est de la catholique-exploitation, où l’on suit des personnages intéressants [j'aime beaucoup J3, Eryn (y’a un moment dans son historique de WTF, où l’auteur a décrit le crime parfait…) et surtout le vilain Grand Inquisiteur, Valero)], tous se tirant dans les pattes Borgia style, mais avec des fusils à la place du poison. La trame est simple, classique même, mais les personnages la rendent riche et on la suit avec plaisir. D’autant qu’elle est maîtrisée. Par là j'entends que l'intrigue est recherchée, cohérente et intelligente.

Les dialogues sont malins (surtout ceux qui sont conflictuels), les persos se dévoilent peu à peu, avec un petit bémol en début de récit où l’on suit quelques protagonistes secondaires moins intéressants que les héros. Tenez, puisque je suis sur les faiblesses, je cite la résolution (les scènes juste après le climax) qui ne m’a pas parue couler de source. Par contre le climax est palpitant, les chapitres s’enchainent et poussent le lecteur à l’agonie tant il veut savoir ce qui va se passer.
 Le renouveau de la catho-exploitation !

Pour résumer :

A lire si vous aimez :

- La série-B, le Pulp et le WTF.
- Les manipulations politiques et les coups dans le dos.
- Les anti-héros.

Vous n’y trouveras pas :

- De grands sentiments.
- De sexe ou d’ultra-violence .
- De temps morts.

Si je devais mettre une note, ce à quoi je m’abstiens en général à moins d’aller mettre ma critique sur Amazon, ce serait : 6 sur 5. Et oui, ce qu’on dit sur les auteurs et leur amour des maths est vrai… J’en profite pour remercier Jean-Sébastien Guillermou qui m’avait conseillé ce livre, sans quoi il me serait passé sous le nez.

Bref, un coup de cœur. 


Coup de Projecteur :

Wardruna est un groupe que j’ai découvert, je l’imagine comme beaucoup, grâce à l’excellente série Vikings. Leurs compositions sont extraordinaires et plongent celui qui écoute dans un haut moyen-âge nordique, à bord d’un Drakar arpentant des eaux gelées et se glissant entre les fjords norvégiens.

Pour tout dire, c’est le groupe que j’ai écouté en boucle pour un certain nombre de scènes de mon second roman.

Mais assez parlé, les voici :

jeudi 30 juillet 2015 | By: Morgane Stankiewiez

Avis Littéraire: Les Pirates de l'Escroc-Griffe de Jean-Sébastien Guillermou

J’ai eu l’occasion de me plonger dans le premier tome des Pirates de l’Escroc-Griffe, une trilogie écrite par un auteur tout français, j’ai nommé Jean-Sébastien Guillermou.


Voici le quatrième de couverture :

Lorsque Caboche, après s’être enfui de l’orphelinat militaire, part à la recherche de son père, il ne s’attendait certainement pas à rencontrer la compagnie de L’Escroc-Griffe et encore moins à monter à bord de leur bateau ! Connu pour n’avoir jamais réussi un abordage, l’équipage de Bretelle, vieux capitaine désabusé, ressemble plus à la troupe d’un cirque qu’à une bande de pirates. Mais Caboche va les entraîner dans un voyage rocambolesque sur les Mers Turquoises, à la recherche d’un trésor mythique. Une quête dangereuse puisqu’ils sont pourchassés par l’invincible et immortel Amiral-Fantôme, et qui les mènera jusqu'aux confins du Monde-Fleur, aux abords des mystérieuses Terres Interdites...

Le récit nous fait donc suivre Caboche, un jeune orphelin qui recherche son paternel et se retrouve embarqué sur un navire de contrebandiers, l’Escroc-Griffe. L’équipage est composé de bras-cassés aux talents des plus limités mais au grand cœur. Comme on s’en aperçoit rapidement, les pirates sont davantage des révolutionnaires que d’affreux criminels et passent rapidement pour les héros.

Le monde-fleur décrit par l’auteur est d’une grande richesse et fourmille de détails improbables, nous dépeignant un univers dépaysant au possible où mers bleues, îles animales (si si…) et marais psychédéliques se côtoient allégrement. Le rythme est toujours présent, nous entrainant dynamiquement dans des péripéties mouvementés sans jamais plus d’un court instant de tranquillité. Beaucoup d'influences se côtoient, de final fantasy à Dumas en passant par Star Wars, rendant hommage et faisant sourire.

Les personnages sont travaillés et différents, les méchants ont du style et le souffle de l’aventure est toujours là. Cela dit, soyez prévenus, c’est là un livre optimiste et plutôt positif, dans une fantasy très bright. Les tuiles qui arrivent aux personnages sont drôles et les moments tristes restent légers. Ce n'est pas dans ce livre que vous aurez du gore et de l'ultra-violent. Les méchants sont très méchants, les gentils ont leur petits défauts et sont un peu bourrus, mais restent très gentils.

J’ai été un peu déçu par le côté piraterie proprement dit. L’auteur semble bien maîtriser son sujet, mais a choisi de ne pas jouer la carte des tueurs des mers et il y a dans ce premier tome aucun réel combat maritime. Le navire des héros ne se prête peut-être pas à cela, mais c’est quelque chose auquel je m’attendais en voyant le titre du bouquin. De même, la piraterie qui hante mon imaginaire est peut-être plus sombre et plus violente, mais ça c'est une question de goût et pas de qualité.

En conclusion, à lire pour passer un bon moment d’aventures et d’exploration avec des personnages sympathiques, sans trop de violence. Je conseillerais surtout à un public adolescent, mais n’y recherchez pas du Black Sails.
mardi 30 juin 2015 | By: Morgane Stankiewiez

Avis littéraire : Les Cendres des Roses Mortes

C'était il y a une semaine, sur un des groupes Facebook pour auteurs que j'ai vu le pitch du roman de Gina Dimitri. Une fois n'est pas coutume, j'ai décidé de le lire, sur mon petit Kindle, en ne sachant rien de plus. C'est que le pitch était sacrément bien fait:

Eulalie-Lucéane, a des problèmes bien plus graves que son prénom particulièrement ridicule. Elle qui s’était promis d’écrire un best-seller avant ses vingt-cinq ans, se réveille au matin de son vingt-sixième anniversaire sans avoir en tête le premier mot de l’incipit de son futur chef-d’œuvre. Il n’en fallait pas plus pour la faire plonger dans une crise de la vingt-sixaine d’anthologie. Lorsque le destin, sous les traits de sa meilleure amie Tara, lui accorde de rencontrer un éditeur, son rêve le plus fou semble se réaliser. Elle est sur le point de découvrir qu’il faut faire très attention à ce que l’on souhaite. 

Jusqu’où seriez-vous prêts à aller en échange d’un contrat d’édition ?

 

Moins de 1 € sur Amazon.

Je n’aime pas la notion de critique littéraire. Qui suis-je pour critique le travail de quelqu’un d’autre et pour dire ce qui est bon de ce qui ne l’est pas ? (Étonnamment, je n’ai aucun problème à me faire critique de cinéma, mais passons…) Considérons donc qu’il s’agit là simplement d’un avis personnel qui n’engage que mon appréciation et mon ressenti. Je n’ai pas aimé des œuvres cultes : l’écriture de Stephen King ne me plait pas (même si j’adore les films tirés de ses livres) tout comme j’ai zappé des passages entiers de Tolkien. A côté de ça, j’ai adoré des romans Star Wars, qui sont réputés de piètre qualité, bien qu’à mon avis cela ne soit pas mérité. Bref, je ne suis pas une référence.

Coupons court au faux suspense : j’ai beaucoup aimé Les Roses des Cendres Mortes. Je ne lis que peu de littérature générale et ce n’est donc pas un livre vers lequel je me serais habituellement tourné (même si le livre touche au fantastique et est classé en fantasy, pour moi il se rapproche surtout de la littérature dite « blanche »).

Le récit nous présente une jeune femme qui rêve de devenir écrivaine mais qui n’a jamais rien fait pour, engluée qu’elle est dans un travail sans intérêt, avec un petit ami sans intérêt et vivant une vie de procrastination intellectuelle. Pour tout dire, la partie « métro » du fameux métro, boulot, dodo, semble la plus intéressante. Elle se réveille à vingt-six ans, date fatidique que ne manquent ni la banque, ni la SNCF pour nous rappeler que nous sommes désormais des vieux et que nos rêves de jeunesse n’ont plus lieux d’être et elle se rend compte qu’elle n’a jamais rien écrit. Une rencontre fortuite (disons plutôt orchestrée…) avec un éditeur louche va changer le cours de sa vie.

J’ai trouvé la première partie vraiment très-très bien. Le personnage est cynique et amoral, ses réflexions à la fois drôles et cruelles et son comportement vis-à-vis du reste de l’humanité est, dirons-nous, intéressant. Les scènes de la vie quotidienne sont revisitée avec un filtre noir qui m’a rappelé Gantz et la fin de l’exposition finit en apothéose. Je n’en dirais pas plus sur cette scène, mais le WTF qu’elle produit est rafraichissant. L’écriture me rappelle un peu Lolita Pille, dont j’avais beaucoup aimé Hell.

Même si l’écriture demeure agréable de bout en bout, la suite et la fin du roman m’ont un peu moins intrigué. Le personnage de l’éditeur devient central, mais sans devenir aussi déviant qu’il aurait pu l’être. De même, les relations qu’entretient la protagoniste avec les autres personnages deviennent moins percutantes et la passivité de la jeune fille m’a un peu déçu alors que des échanges enflammés auraient pu avoir lieu. J’aurais aimé également voir tourner certaines scènes dans l’horreur, mais là, c’est un avis très personnel.

Attention, ce n’est pas que je n’ai pas aimé la suite, mais je trouve qu’elle n’ait pas à la hauteur du début, ce qu’il faut d’avantage prendre pour un compliment qu’une critique. L’intrigue reste bien construite et la fin, que l’on sent venir, ne déçoit pas.

C’est un roman atypique dont je conseille la lecture, en attendant le prochain livre d'une écrivaine qui a du talent.