Affichage des articles dont le libellé est auteur. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est auteur. Afficher tous les articles
mercredi 8 novembre 2017 | By: Morgane Stankiewiez

Nouvelles du front

Bonjour à tou·te·s !

Les dernières semaines ont été particulièrement chargées en termes de projets et d’avancées et je voulais vous en faire part dans cette brève.

Petit tour de la planète Dorian.

crédit photo : Annie Spratt 
Écriture :

Commençons par le cœur de métier, l’écriture. J’ai bien avancé en parallèle sur mes différents textes et voilà l’occasion de faire le point. Ce sera aussi utile pour vous que pour moi, je vous l’assure.

Isulka : La Vieille Alliance.

Après une énième relecture de ma part, le texte est parti en corrections éditoriales. Et il en est revenu le week-end passé, tout plein de commentaires pertinents. La semaine prochaine sera donc dévouée à ce tome 2, qui devra être le plus propre possible avant que je l’envoie pour les corrections finales avec Anne Ledieu, qui s’était déjà occupée du tome 1.

Sebastiaan Dremence :

J’ai enfin pris le temps de m’occuper des corrections conseillées en alpha-lecture et le texte est suffisamment propre à présent pour la phase bêta, qui vient de commencer il y a peu, avec l’aide de deux grenouilles (petit surnom que se donnent les membres de Cocyclics). Je devrais recevoir les retours en début d’année prochaine, avec probablement un gros travail derrière. J’ai hâte !

Taylor Velazquez (anciennement Love Bites) :

Là aussi les choses ont beaucoup bougé. L’épisode 1 est en phase de corrections finales et devrait être finalisé d’ici peu. L’illustration de couverture est faite (merci Erica !). Il reste donc à finaliser les corrections, puis à faire réaliser la maquette.

L’épisode 2 sort quant à lui de sa beta. Il me reste quelques petites modifications à apporter, une relecture, et il pourra passer en corrections finales.

Le 3 est écrit, mais il lui faut des relectures et un passage en bêta. Ceci dit c’est moins pressé, il sort dans un peu moins d’un an.

En parallèle de ces textes, j’ai commencé à travailler sur d’autres synopsis, notamment un roman noir dans le Hollywood des années 50, une courte série érotique dans le Versailles de Louis XVI, le tome 3 d’Isulka et également un petit roman de vampires nordiques. On verra quels projets se concrétisent avant que je vous en parle davantage.

Edition :

Le mois d’octobre a été particulièrement riche à ce propos. J’ai ainsi eu la chance d’assister à une formation de dix jours sur la gestion de projet éditorial. Tout a été passé en revue : juridique, métier de l’éditeur, fabrication, gestion, communication et commercialisation. J’en suis ressorti avec une vision plus claire de mon projet, notamment sur les aspects commerciaux et financiers.

Je continue d’ailleurs sur les formations jeudi et vendredi, avec un mini-cycle dédié au livre numérique. Puis, début décembre je retournerai à l’hôtel Massa pour la suite de la formation de la SGDL destinée cette fois aux auteurs.

J’ai aussi passé beaucoup de temps à travailler sur la ligne éditoriale et la charte graphique, qui vont de pair et que vous pouvez retrouver sur le site web, tout propre tout neuf, live depuis le début de semaine. Noir d’Absinthe a pris vie. Toutes les illustrations sont l’œuvre de Tiphs, tandis que l’organisation du site est de moi.

Le logo de Noir d'Absinthe
Là aussi la formation m’a aidé : j’avais initialement prévu de séparer mes collections par genre littéraire, mais je me suis rendu compte que ce n’était pas vraiment différenciant, que c’était commun, même. C’est pour cela que j’ai opté par une autre segmentation, par « époque », qui je pense sera plus parlante pour le lecteur qui ne connait pas bien les littératures de l’Imaginaire et qui changera un peu de ce qui se fait. Ce n’est pas une grande révolution, mais c’est un petit pas.

Puis, pour faciliter ma vie, j’ai ouvert un second blog, pour Noir d’Absinthe. Parce que oui, un seul ne suffisait pas… En tout cas je n’abandonnerai pas celui-ci, il reste ma tribune personnelle. L’autre sera un peu plus généraliste et uniquement orienté sur les thématiques littéraires. Je suis sûr qu’il vous plaira tout autant cela dit !

Enfin, qui dit « site en ligne » dit « soumissions de manuscrit ». J’ai en effet commencé à en recevoir quelques-uns et je commence donc à organiser le comité de lecture. D’ailleurs, si vous lisez ces lignes et êtes intéréssé·e, n’hésitez pas à me faire signe !

Concernant les publications, les premières parutions auront lieux vers février ou mars, en commençant avec Taylor Velazquez, qui sera disponible en numérique et en broché. La plupart des livres seront d’ailleurs disponibles en librairie (c’est-à-dire distribués), mais je me renseigne également pour qu’ils soient en rayon et pas seulement sur commande (c’est-à-dire diffusés). Wait and see.

Il y aura aussi la réédition de ma nouvelle de Noir-Dystopie Cancer urbain, initialement parue chez Brins d’Éternité. Je réfléchis en effet à en faire une version imprimée, avec un livre-objet tout en élégance. La version numérique est déjà en ligne cela-dit, mais uniquement pour les abonnées de la newsletter de Noir d’Absinthe. Vous pouvez ainsi la télécharger au format epub ou pdf.

Puis selon les manuscrits reçus, le calendrier éditorial s’organisera. C’est un peu plus délicat de prévoir à ce niveau, mais par chance j’ai assez de contenu en tant qu’auteur pour tenir quelques-temps avant d’avoir besoin de sang neuf.

Voici donc pour les nouvelles. Désolé, il y en a beaucoup, j’essayerai de faire des posts plus fréquents et moins longs dans le futur !

Si vous avez des questions sur des points précis, ou que vous voulez en savoir plus sur l’édition ou les textes que je travaille, n’hésitez pas !

lundi 25 septembre 2017 | By: Morgane Stankiewiez

Sondage sur la création d'une maison d'édition : Les Résultats !

J’ai récemment fait circuler un questionnaire dans le but de mieux connaître les attentes des lecteurs, car comme vous le savez à présent, je me lance à mon tour dans le périple éditorial. Les réponses ont été très nombreuses, bien plus que ce que j’espérais, et cela ne fait que me conforter dans ma démarche de monter cette petite maison d’édition. Je tiens donc à adresser un immense merci aux 1100 personnes qui ont répondu.

Je souhaite aujourd’hui partager avec vous les résultats préliminaires de cette enquête.

Commençons par une mise en garde : ce questionnaire a été diffusé sur les réseaux sociaux, à partir de mon profil. Cela signifie donc que l’échantillon n’est absolument pas représentatif des lecteurs français en général. C’est d’ailleurs facile à vérifier : 62% des répondants ont dit lire de la Fantasy. Les chiffres qui suivent sont donc à prendre avec des pincettes. En revanche, je pense qu’ils sont très intéressants car ils reflètent bien les attentes des lecteurs de l’Imaginaire, ceux à qui s’adresseront les livres que je compte publier.

Qui sont les lecteurs de l’Imaginaire (ayant répondu à ce questionnaire) ?

Et bien ce sont majoritairement des femmes, avec un écrasant 77% des répondants. Cela ne me surprend pas vraiment, mais vaut la peine d’être rappelé. Le sondage Google ne me permet d’affiner plus spécifiquement par genre (par exemple parmi les lecteurs de SF, combien sont des femmes ?). C’est quelque chose qui me demandera plus d’analyse sur Excel et sur quoi je travaillerai ultérieurement. Néanmoins, ça reste parlant : le public est féminin.

Côté âge, je ne suis pas convaincu par les résultats du questionnaire, qui me dit que les - de 18 ans ne représentent que 2% des lecteurs. Il n’y a qu’à voir les lecteurs que j’avais sur Wattpad lorsque je publiais sur cette plateforme : il étaient en fait plus nombreux que les 21 qui ont répondu sur le questionnaire. Je préfère du coup ne pas parler des résultats, car ils ne reflètent clairement pas la réalité, mais bien mon réseau.

Sur les habitudes de lecture, vous êtes 61% à lire des livres numériques. Quand même ! On est bien loin de ce que nous annoncent les études sur la part de l’ebook dans les ventes de livres (souvent du 5%). C’est peut-être dû au genre, qui attire des personnes plus à l’aise avec les machines que d’autres ? Ou parce que ceux qui ont répondu sont sur des réseaux sociaux ? En tout cas, ça montre bien qu’il ne faut en aucun cas négliger le numérique. Mais il ne faut pas non plus oublier le papier, car 39% ne lisent que sur papier.

Surprenant, vous lisez des nouvelles à 66%. Je ne m’y attendais pas vraiment, mais le chiffre est parlant, la nouvelle vous plaît et ce n’est pas un format à oublier.

Bonne nouvelle aussi, 93% d’entre vous lisent souvent ou parfois des auteurs français. Là encore, c’est sûrement une question de réseau et ne représente peut-être pas le lecteur en général, mais ça reste très encourageant. D’ailleurs, 93% encore achètent aux petites maisons d’éditions. Là encore il s’agit peut-être du contexte du sondage, mais ce sont malgré tout des chiffres intéressants. Il y a un réel marché pour les petits éditeurs.

Pour vos achats, la plupart d’entre vous achètent en librairie (70%), en ligne (68%) et dans les grandes surfaces spécialisées (60%). En revanche, ce ne sont pas forcément les endroits où vous aimez acheter. Je vous mets le camembert qui en parlera mieux que moi :



J’en conclus qu’il faut absolument être présent en ligne, mais ne pas abandonner les salons. Pour les librairies, c’est vraiment idéal d’être en rayon, mais c’est aussi beaucoup plus compliqué pour un petit éditeur. En tout cas, s’il veut grandir, il lui faut passer par le rayon à un moment ou l’autre.

Maintenant, parlons prix et là encore, je vous laisse regarder directement les camemberts. Il apparait que le livre, physique comme numérique, a de la valeur pour vous.

Les lecteurs achètent un nombre très variable de livres par an, mais parmi les répondants, seuls 23% achètent moins de 10 livres par an. Et vous êtes tout de même plus de 7% à acheter plus de 100 livres par année. Globalement, vous lisez beaucoup, voire énormément.

Dernier point, ce qui vous pousse majoritairement à l’achat est le résumé du livre, avec 50%. Cela me parait logique pour un premier achat d’un auteur : il faut savoir si le thème vous donne envie. J’imagine, et c’est mon interprétation personnelle, que c’est moins vrai si vous connaissez déjà l’auteur et que vous l’avez apprécié. Mais, si vous l’avez apprécié initialement, pour votre premier achat, c’est bien grâce au résumé. En second vient la couverture, avec 16% des réponses, puis le nom de l’auteur avec 10% des réponses et enfin les avis des lecteurs, avec 8,5%. Après, vous avez été nombreux à ajouter des réponses au champ « autre » et, finalement, il y a beaucoup de critères de choix qui vous sont personnels. Les grandes tendances sont là, mais elles ne peuvent masquer que le choix du livre est un acte très personnel et qui a de nombreuses variables.


Pour conclure, le lecteur de l’imaginaire typique est une femme, qui achète aussi bien en librairie qu’en ligne, mais qui aime les salons. Elle a de grandes chances d’avoir une liseuse, mais pas nécessairement. Elle n’est pas fermée aux nouvelles et aime les petits éditeurs. Elle a conscience de la valeur du livre et achète beaucoup d’ouvrages.
mercredi 21 juin 2017 | By: Morgane Stankiewiez

SGDL et SOFIA : Des aides précieuses pour l'auteur.

Lorsque je me suis lancé dans la quête d’un éditeur, et plus globalement dans le petit monde de la littérature, j’ai eu beaucoup de mal à trouver des informations. Au début, Google était mon ami, mais hélas il ne fonctionne que par mots-clefs, et par algorithme, si bien que l’information qu’il vous donne n’est pas toujours la plus fiable, ni la plus utile. C’est juste la mieux référencée.

Identifier les acteurs de l’édition, les contacts à privilégier, ceux à éviter, comprendre le contrat d’édition, ou encore le statut de l’écrivain et ses droits ne relève pas de la sinécure. Pour moi, tout s’est finalement fait au réseau, à coups d’articles partagés, à fréquenter des forums d’écriture et globalement à communiquer sur Facebook. Bref, à force de grappiller des informations à droite à gauche, j’ai pu comprendre à peu près comment le marché du livre, et de l’imaginaire, fonctionne en France, mais d’une façon bien incomplète, et parfois faussée.

J’ai l’impression que beaucoup d’auteurs se retrouvent dans ce cas-là, et se renseigner sur le métier et les acteurs n’est pas facile. C’est d’ailleurs grâce à cette opacité, cette complexité, que l’on retrouve nombre de charognards qui cherchent à plumer les malheureux qu’ils arriveront à séduire (je suis toujours effaré de voir le nombre de personnes qui ne savent pas ce qu’est un « éditeur » à compte d’auteur).

Voyons donc qui peut vraiment vous informer, que vous découvriez cet univers ou que vous l’arpentiez depuis longtemps.


La Société des Gens De Lettres - SGDL

La SGDL est, pour faire très simple, le syndicat des auteurs. Ils sont là pour informer les auteurs sur leurs droits, les accompagner juridiquement, les former et surtout négocier avec les autres acteurs du livre, comme le syndicat des éditeurs (SNE) ou les législateurs.

Vous pouvez adhérer pour une 50aine d’euros par an, pour profiter de certains services. Je vais tenter de résumer ce qu’ils vous proposent, dans le cadre de l’adhésion, mais aussi gratuitement.

La Formation :

Pendant deux jours, j’ai pu profiter d’une formation proposée à titre gracieux à tout adhérent de la SGDL ou membre de la SOFIA (j’y reviendrai). Cette formation est vitale. Dans le métier d’auteur, l’information n’est pas donnée, je l’ai déjà dit. Il faut aller la chercher. Ainsi, lorsque l’on publie avec un éditeur, c’est souvent sans connaître le métier, les droits, les contrats. Vous avez peu de métiers avec aussi peu de formation. Même pour un job saisonnier, on vous explique comment ça marche dans la société.

Mais l’auteur n’a pas cette chance. Enfin si : il a la SGDL, et ça peut changer beaucoup de choses pour lui. Voici ce que nous avons couvert en deux jours, en sachant qu’une seconde formation complétera tout cela dans quelques mois :

- Le statut social de l’écrivain, comment fonctionne l’AGESSA (sécurité sociale des auteurs), comment se déclarent les droits d’auteur, quelles cotisations sont prélevées sur ces DA, comment fonctionne la retraite, et la retraite complémentaire, ou encore quels sont les possibilités de formation professionnelle.

- Que couvrent les droits d’auteurs ? Comment dénoncer un contrat ? Que faire en cas de faillite d’un éditeur ? Comment ça se passe avec des interlocuteurs dans le poche, ou pour des traductions ?

- Plus pragmatique, comment se passe la relation auteur-éditeur ? Comment ne pas se faire avoir quand l’affectif rentre en compte ? Qu’est-ce qu’un à-valoir ? Quelles clauses refuser (oui, je pense au droit de préférence…) ?

- Et enfin, quelles sont les problématiques des éditeurs ? Comment sélectionnent-ils les manuscrits qu’ils publient ? Qu’est-ce qu’un diffuseur-distributeur (spoiler alert : les chrétiens l’appelaient Satan) ? Comment fonctionnent les libraires ? La promotion ? Qui paye quoi pour un salon ?

Je le résume affreusement, et je n’irai pas beaucoup plus loin dans l’analyse, car les interventions valent la peine que vous les viviez vous-mêmes et rien ne saurait remplacer cela, mais vous pouvez  néanmoins retrouver les détails dans ce guide de l'auteur, qui vous sera donné lors de la formation ou que vous pouvez télécharger gratuitement.


Un guide complet et très utile.
Les intervenants sont ouverts, expliquent très bien et abordent toutes les problématiques de l’auteur. On découvre aussi les embuches, et les arnaques, qui peuvent facilement transformer la publication en cauchemar.

Je tiens vraiment à remercier la SGDL, car cette approche est bienveillante, et nous montre bien qu’il y a du soutien, ce qui, dans ce métier pas facile tous les jours, compte pour beaucoup.

Et les auteurs habitant hors de Paris sont défrayés (voyage et logement). Une personne venait d’Alger par exemple, invitée par la SGDL. Attention, il faut tout de même à son actif au moins un ouvrage publié par un éditeur traditionnel (condition pour être membre de la SGDL ou de la SOFIA). Mais de toute façon, la formation prend tout son intérêt quand on a déjà mis le pied dans l’engrenage.

Bonus, voilà où ça se passe :

Hôtel de Massa à Paris
Hôtel de Massa à Paris

Le Contrat (et l'aide juridique) :

Le contrat d’édition est une terre dangereuse, pleine de mystères et de pièges mortels pour qui s’y risque. Si vous en avez déjà reçu un, vous savez de quoi je parle. Certaines clauses peuvent vous coûter très cher, si vous n’y prenez pas garde.

Mais, sur le site de la SGDL, vous pouvez télécharger un contrat type commenté clause par clause, qui reprend les différents points auxquels vous devez faire attention. Il y a aussi un contrat classique, pour comparer. Pas besoin d’être adhérent.

En cas de doute, vous pouvez également contacter les juristes de la SGDL qui vous aideront à y voir clair, et travailleront avec vous dans votre négociation avec l’éditeur. Comme dans pas mal de contrats d’édition, vous vous engagez jusqu’à la fin de votre vie (+70 ans), autant que celui-ci soit carré.

Les Chiffres :

La SGDL dispose aussi d’un abonnement à l’institut de sondage GFK, qui vous permet d’aller sur place pour consulter les estimations de ventes de vos livres. Pourquoi faire ? L’institut est indépendant de votre maison d’édition, et vous permet donc d’obtenir des chiffres fiables, pour pouvoir comparer sereinement avec ceux qu’avancent votre éditeur (et qui ne dépendent que de sa bonne foi…)

Si vous ne pouvez pas vous rendre sur Paris, vous pouvez mandater quelqu’un, ou appeler la SGDL en direct. Il faut être adhérent cela dit, mais à priori l’abonnement GFK coûte (très) cher.

Les aide sociales :

En cas de problème avec l'AGESSA, ou de difficulté à remplir votre déclaration d'imposition, ou si vous avez des problèmes d'ordre personnel et avez besoin d'aide, vous pouvez également contacter la SGDL. Ils ne feront pas de miracles, mais vous renseigneront sur les actions possibles et vous aideront avec l'administratif, qui peut se montrer très vite compliqué. Il n'est pas nécessaire d'être adhérent.


Le dépôt de manuscrits :

C'est par ce service que beaucoup découvrent la SGDL. Elle propose en effet aux auteurs un dépôt physique ou numérique de leurs manuscrits, qui prémunit l'auteur en cas de contre-façon (plagiat). C'est important lorsque votre texte arrive à maturité et que vous l'envoyez à droite à gauche.

Voilà, je pense que j'oublie plein de détails, mais vous trouverez toutes les informations sur leur site, ou via les formations proposées (que je conseille, une fois encore). 

La SOFIA

La SOFIA, dépendante de la SGDL, est un organisme de gestion collective. En gros, elle collecte des sous pour vous lorsqu’une bibliothèque achète votre livre (ce qu’on appelle le droit de prêt). Elle s’occupe aussi de récupérer les taxes de copie privée (vous savez, elle est prélevée sur les achats de clefs usb, de cd vierges, de disques durs, etc…). En gros, elle est là pour vous donner de l’argent.
Pour adhérer, il faut payer une 30aine d'euros, MAIS, ceux-ci peuvent être anticipés sur l’argent qu’ils vous reverseront. Autrement dit, vous n’avez rien à débourser immédiatement, et ils prélèvent une partie de ce que vous n’auriez pas touché sans eux.

Il faut juste avoir déjà un livre publié à son actif.

C’est par ce biais que j’ai été invité à la formation de la SGDL. La SOFIA propose aussi à ses adhérents des places gratuites pour certains événements, comme Livre Paris.

Si vous êtes auteur, allez voir leur site, vous ne pouvez pas le regretter.

Voilà, pour ce bref retour d’expérience.

Cette formation dont je vous ai bien parlé m’a vraiment beaucoup apporté, et je vous conseille vraiment de faire le nécessaire pour y participer à votre tour. En tout cas sachez que vous n’êtes pas seuls, mais s’il est parfois compliqué de s’en rendre compte, derrière votre écran.

NB : Si vous êtes autoédités, et n’avez pas de livre publié, malheureusement ces possibilités ne sont pas encore pour vous, pour la simple raison que vous n’avez pas le statut d’auteur, mais d’éditeur, et donc que les lois qui vous concernent sont différentes. En effet, tout s’articule ici autour du contrat d’édition et des droits d’auteur, que vous ne touchez pas par ce mode d’édition.
lundi 20 mars 2017 | By: Morgane Stankiewiez

Le Conflit et l'Enjeu: piliers de la narration.

Beaucoup d’ingrédients entrent dans l’alchimie d’un récit, et leur dosage fait réussir, ou échouer, celui-ci. Ce n’est jamais tout à fait le même d’une œuvre à l’autre, et c’est peut-être là que réside toute la difficulté.

Mais, si les aspects d’un récit ne sont jamais identiques (ou alors seulement dans les lassants reboots et remakes hollywoodiens, que nous ne prendrons pas comme modèle), il y a tout de même des bases, simples à comprendre et difficiles à maîtriser, qui peuvent aider à immerger le lecteur ou le spectateur.

Et ça tombe bien, ses règles sont au nombre de deux ! C’est-à-dire que si vous maîtrisez ces deux bases (ah ah bon courage !), vos textes seront bien meilleurs. Ou ils seront lisibles, car sans ses bases, difficile d’accrocher, en fait.

Allez, plongeons dans le vif su sujet.


I Comment ennuyer son lecteur :

Harry avance dans le couloir, un pas après l’autre. Les portes défilent sur sa gauche et sur sa droite, jusqu’à ce qu’enfin il parvienne à l’ascenseur. Il appuie sur le bouton, et attend une petite minute, avant d’entrer et de descendre au rez-de-chaussée.

Oubliez le style, ou le registre, ce n’est pas la question. Que se passe-t-il dans cette petite scène ? Absolument rien. Harry marche dans un couloir, avec une petite description, et descend. En l’état, si ça apparaissait dans un roman, on aurait pu la zapper.

On a fatigué Obama avec nos conn****s
Cela aurait pu nous servir à décrire les lieux s’ils méritaient qu’on y apporte une attention particulière, mais ce n’est pas vraiment le cas ici.

Bon, c’est un petit paragraphe, mais certains livres se passent aussi de cette façon. Le protagoniste avance dans l’intrigue, on ne sait pas trop pourquoi. Il agit, mais n’éprouve pas de difficulté particulière, ni de choix : il passe les portes (les choix) et n’en ouvre aucune. Quel est l'intérêt ?

En tant qu’auteur, je me suis ennuyé à écrire ces trois lignes, et ça se sent.

II Le conflit

Voilà, j’ai glissé le mot « difficulté » plus haut, et on arrive à l’un de ces piliers de la narration : le conflit. Le conflit représente toutes les difficultés, externes ou internes, qui ralentiront la route du personnage et feront qu’avancer sera difficile, douloureux.

Ce conflit, on l’a dit, peut être externe : un ennemi, les lois, la nature, la gravité, une malédiction, bref, cochez la case qui vous convient.

Il peut être interne aussi : culpabilité, regrets, sentiments, honneur, là aussi, cochez. Le conflit interne peut provenir d’une faiblesse, qui handicape le personnage et le force à se dépasser. Du coup je ne mentionnerai pas les faiblesses des personnages dans cet article, sinon ça deviendrait long, mais c’est un formidable outil qui permet d’aider le lecteur à s’identifier, mais surtout de générer du conflit.

Ce conflit permet d’intéresser le lecteur ou le spectateur et de lui faire se poser la question : va-t-il y arriver ? Ou, car on sait que les héros meurent peu, comment va-t-il s’en sortir ?

Reprenons mon exemple :

La main sur la plaie béante, Harry avance dans le couloir, un pas après l’autre. Les portes défilent lentement sur sa gauche et sur sa droite, tandis qu’il s’appuie sur les murs, y laissant des traces rouges. Il manque de défaillir. Sa vision se brouille. « Tu peux le faire » s’encourage-t-il, les dents serrées. Il repart, et, par la force de sa volonté, parvient à l’ascenseur. Il appuie sur le bouton, la main tremblante. Une éternité, ou peut-être juste une minute, puis la grille s’ouvre. Il arrive à presser « RDC » avant de s’écrouler.

Ce n’est pas encore de la grande littérature, mais tout de suite on comprend mieux l’intérêt de la scène, n’est-ce pas ?

Le conflit vous permet cela. Il ne s’agit plus haut que d’une mini scène ou un monsieur marche dans un couloir, alors imaginez l’effet que le conflit peut avoir sur votre récit à l’échelle du roman. C’est pour cela que, souvent, les protagonistes sont du côté des forces le plus défavorisé : les rebelles dans Star Wars, les humains dans Matrix, les Sept Samurai contre une armée, Katniss contre le système, etc. Car quand on est désavantagé, le conflit est plus rude, et l'histoire meilleure.

Tenez, je vais tenter une métaphore : lors d'un match de foot, vous préféreriez regarder un Brésil - Australie, ou un Brésil - Allemagne ?

7 contre 100, voilà qui s'engage mal
Mais, le conflit externe n’est pas nécessaire, car vous avez aussi le conflit interne. Je ne vais pas réécrire le passage, mais si Harry part après avoir tué sa femme, la culpabilité (ou le fait de garder un masque froid) rend l’épreuve du couloir douloureuse, alors que physiquement tout va bien. Idem s’il est addict, ou a même simplement une peine de cœur. Il y a un côté "se vaincre soi-même" qui est passionnant.

Mes références sont plutôt dans l’imaginaire, mais le conflit fonctionne très bien dans tous les genres. Plus que cela, il est nécessaire (le seul bémol que je vois concerne un type de littérature japonaise, où le conflit n’est pas au centre, mais ce n’est probablement pas ce que vous écrivez si vous lisez ce blog).

Ceci dit, le conflit ne suffit pas.

III L’enjeu

Le conflit aide à résoudre la question du « comment ». Il ne dit rien au sujet du « pourquoi », et c’est la raison qui fait que certaines œuvres, malgré beaucoup de conflit, ne décollent pas.

L’enjeu découle des motivations du personnages, conscientes ou non. C’est la carotte en cas de réussite, ou le bâton en cas d’échec, et, en tant que lecteur ou spectateur, ce qui nous fait espérer que le protagoniste réussisse.

Si l’enjeu ne nous satisfait pas ou ne nous convainc pas, la réaction est : "mouais, je m’en fiche qu’il n'y arrive", voire, carrément, parfois, un : "mais tu vas crever oui !" Et même avec du conflit, ça ne passe pas.

Plus haut, vous avez vu Harry en difficulté. L’un des enjeux est implicite : s’il ne se dépêche pas, il va se vider de son sang. Mais si, par exemple, je l’avais juste fait aveugle, oui, il aurait eu du mal à se diriger vers l’ascenseur (conflit), mais on s’en fiche quand même.

Allez, pour l’exercice, on va quand même rajouter un peu d’enjeu pour que son intérêt soit clair :

120 secondes. C’est le temps avant que la bombe n’explose.

La main sur la plaie béante, Harry avance dans le couloir, un pas après l’autre, le plus vite possible. Les portes défilent lentement sur sa gauche et sur sa droite, tandis qu’il s’appuie sur les murs, y laissant des traces rouges. Il manque de défaillir. Sa vision se brouille. « Tu peux le faire » s’encourage-t-il, les dents serrées. Combien de temps reste-t-il ? Il perd toute notion. Il repart, et, par la force de sa volonté, parvient à l’ascenseur. Il appuie frénétiquement sur le bouton, la main tremblante. « Allez… Allez… » Sa montre est cassée, il ne voit pas le compte. Puis la grille s’ouvre. Il arrive à presser « RDC » avant de s’écrouler, tandis que la conflagration lui perce les tympans.

Voilà, encore une fois, pardonnez le style. Mais je pense que malgré leur qualité discutable, chaque extrait améliore le précédent de manière drastique. C’est peut-être toujours écrit à la va-vite, mais la blessure, puis le tic-tac, apportent de la pression à l’ensemble et font oublier qu’il s’agit uniquement de mots sur le papier.


À noter que l’enjeu doit être connu du lecteur. Si le personnage craint que la bombe n’explose, mais que le lecteur n’en a aucune idée et qu’il le découvre au moment où ça fait boom, c’est raté. Oui vous l’avez surpris, mais entre-temps, vous l’avez ennuyé et il y a des chances qu’il n’aille pas jusqu’à la résolution de votre enjeu.

Je ne dis pas que tous les enjeux doivent être connus dès le début, mais qu’il en y en ait suffisamment pour que la lecture se poursuive et qu’il veuille en connaître la résolution. Si d’autres enjeux viennent par la suite, tant mieux.

IV L’Ironie Dramatique

Je viens de dire que l’enjeu devait être connu du lecteur. Et c’est vrai. Mais il n’a pas forcément besoin d’être connu par le protagoniste. On appelle cela de l’Ironie Dramatique, et ça désigne le fait de cacher un élément du récit à un ou plusieurs personnages, mais de le dévoiler au lecteur.

Cet outil est très puissant (surtout en films, pour une question de narrateurs) et peut même se substituer au conflit pour mettre la pression.


Un des maîtres de l'Ironie Dramatique


On va donner un exemple : Dans le chapitre précédent, on a suivi un autre personnage, Nina Williams, qui a posé une bombe dans l’un des appartements. Puis elle est partie, la Nina. Et là, on retrouve notre Harry :

Harry avance dans le couloir, un pas après l’autre. Les portes défilent sur sa gauche et sur sa droite. Soudain, il réalise que son lacet est défait. Il pose sa valise, se baisse, et réajuste le lacet, avant de se relever. Il parvient à l’ascenseur en quelques pas supplémentaires. Il appuie sur le bouton, et attend une petite minute, avant que la grille ne s’ouvre. Hélas, la cabine est pleine, une famille complète. La mère de famille fait signe à sa petite de reculer, mais Harry lui dit :
— Non, ne vous en faîtes pas, j’ai tout mon temps.
— Si si, on vous a fait une petite place.
— Vous êtes sûre ?
Puisqu’elle insiste, il se décide et entre. La porte refuse de se fermer, et il doit se tasser, offrant un mot d’excuse à l’enfant qu’il écrase. Il sourit à la mère, un peu gêné, et enfin l’ascenseur se ferme, avant d’entamer sa descente. Tout à coup…

Mes excuses encore pour la qualité. Mais voyez l’effet de cette ironie dramatique. En tant que lecteur vous savez que l’étage va exploser, mais les personnages l’ignorent. Ils prennent leur temps, discutent un peu, alors que vous n’avez qu’une chose en tête, l’explosion imminente. Et en plus il y a des enfants.

Le personnage ne vit aucun conflit là, mais ce n’est pas important, car le lecteur est stressé à sa place et se demande comment, et si, il va s’en sortir. Si vous n’avez qu’un seul narrateur avec un point de vue interne, c’est un peu plus compliqué, mais dès lors que vous en avez plusieurs, ou que vous avez opté pour l’omniscience, vous pouvez y aller gaiement.

Certaines œuvres sont mêmes centrées sur l'Ironie Dramatique. La prélogie Star Wars, par exemple: dès le début vous savez qu'Anakin va devenir Vader, mais les personnages l'ignorent. Idem dans Titanic, je ne vous apprends rien si je vous dis qu'à la fin, le navire coule, mais les protagonistes n'en ont pas la moindre idée. Ce sera globalement vrai pour les récits ancrés dans l'histoire, tant que celle-ci est connue du lecteur.

V Conclusion

Voilà, nous arrivons au bout de cette mini exploration de l’enjeu et du conflit. Mes exemples sont très locaux, mais j’espère qu’ils traduisent bien l’idée. Vous n’avez qu’à imaginer l’effet sur un roman entier lorsqu’ils sont bien appliqués, et vous avez entre vos mains des outils formidables pour vos récits.

Bien sûr, il ne suffit pas de les connaître, et même quand on en a conscience, tout n’est pas facile à mettre en place, loin de là. Mais c’est un bon début, si vous commencez l’exercice, ou même si vous écrivez déjà souvent. Relire ses scènes ou revoir son intrigue en se posant la question de l’enjeu et du conflit ne peut que vous aider.

Pour aller plus loin, la Dramaturgie d’Yves Lavandier vous parlera de tout cela mille fois mieux que moi. Ce livre est une merveille