Affichage des articles dont le libellé est horreur. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est horreur. Afficher tous les articles
jeudi 11 février 2016 | By: Morgane Stankiewiez

Humilité vs Ego

Depuis peu, je publie un roman directement en ligne. On ne s’en rend pas forcément compte, mais c’est un véritable crash test pour l’écrivain que je suis car pour la première fois, mes textes sont lus par le grand public. Plus encore, ils sont commentés en direct par maintenant des dizaines de lecteurs, en face à face. Je pense qu’il y a une certaine bienveillance de leur part, mais les avis que je reçois vont de positifs à excellents, aussi bien quand je suis lu par des collégiennes que par d’autres écrivains. 

En parallèle, les retours que j’ai sur mes romans et mes nouvelles par mes bêta-lecteurs, forcément moins nombreux, sont aussi dans l’ensemble très bons.


Cela veut dire que je suis un bon auteur. En tout cas c’est ce que parfois, je me prête à penser. Si le public, averti ou non aime, c’est en tout cas que je ne suis pas mauvais. Et cela, mon égo il kiffe sa race. Pardon, ça m’a échappé. Mon ego est heureux. Content. Joyeux. Il danse la rumba : wouhou, tu es un vrai écrivain Dorian. Yippee Ki-Yay !
 
Comme le disent les anglo-saxons : merde de taureau. Bullshit. En toute subjectivité, je vais tout avouer : mon écriture est décente. C’est tout. C’est déjà pas mal, beaucoup de livres sont écrits par des gens qui écrivent moins bien ou mal et ce que je fais tiens à peu près la route. Mais c’est tout. C’est décent.

Pourquoi je dis ça maintenant ? Je viens de commencer la lecture d’un recueil de nouvelles de Clyve Barker, un auteur anglais (je crois qu’il est anglais) qui écrit de l’horreur. Dès le premier paragraphe, je me suis rendu compte de tout le chemin qu’il me restait à parcourir dans ma vie pour devenir un véritable écrivain et non pas un gentil écrivaillon qui publie quelque chose de potable sur Wattpad.
Je suis dur avec moi-même et ce n’est pas de la fausse modestie. Je n’attends que dans les commentaires on me dise : mais si, tu es super bon. 

Merde de taureau. 


En me lisant, il ne m’est jamais arrivé, une seule fois, de m’arrêter en me disant que ce que j’écrivais était trop beau et qu’il fallait que je m’imprègne des mots. Bon, du peu d’auteurs que j’ai lus (je suis un maigre lecteur), ça ne m’est arrivé que deux fois : Oscar Wilde et Clyve Barker. 

Wilde était un écorché vif qui mettait tout ce qu’il a dans sa plume, au 19ème siècle. Difficile de rivaliser. Mais Barker, c’est un gars normal qui écrit dans les années 80. Je n’ai pas l’excuse : oui, c’est une autre époque, blablabla. Non, on peut être génial aujourd’hui. 

Et je ne le suis pas encore. Peut-être que je ne devrais pas me comparer, mais c’est un peu comme un cinéaste qui regarde un Kubrick et se dit que mince, il n’est pas à la hauteur. Ou un illustrateur qui regarde le dernier art-work de Luis Royo. Dur de rivaliser. Ces gens sont des maîtres (avec le guillemet, dans la nouvelle orthographe comme dans l’ancienne).

Et ces gens sont des exemples, des preuves que l’on a toujours une marge titanesque pour progresser. En tant qu’auteur, je pense qu’il est de mon devoir de ne pas céder à mon égo et de comprendre que ce que j’écris ne répond pas à mes attentes, ne me transcende pas. Aujourd’hui je ne mérite pas d’être (re)connu, même si je suis bien content d’être lu.

Et (troisième paragraphe commençant par « Et », appelons-ça une figure de style et non une répétition si vous le voulez bien) il faut que je sois conscient que je n’arriverai probablement jamais au niveau de mes modèles. C’est dur de se dire ça, un peu décourageant, mais en même temps ça doit me pousser à ne pas me reposer sur les accomplissements. 

Tout le monde peut être édité, mais tout le monde ne peut pas marquer les âmes.

Humilité 1.

Ego 0.
jeudi 17 décembre 2015 | By: Morgane Stankiewiez

Quelques films parfaits pour Noël...

Noël arrive, avec ses chocolats, ses sapins, ses cadeaux et sa joie de vivre. C’est le moment de penser à ses proches et de regarder les mièvreries que balancent les ânes de TF1 depuis 50 ans. C’est le moment où les gamins deviennent sages, en attendant le 25 au matin pour redevenir les monstres qu’ils sont réellement.

C’est donc, logiquement, le moment idéal pour parler films d’horreurs : les nuits sont plus courtes, les gens sont plus confiants et le froid glacial de l’hiver tente de s’installer. Je vais donc vous présenter trois récits horrifiques de petit budget, qui n’ont pas forcément l’aura (méritée ?) d’un scream ou d’un saw mais qui valent le détour.

Shuttle

Vous connaissez très certainement le principe des minibus dans certains aéroports : vous vous retrouvez avec des inconnus, de nuit, dans un petit van conduit par un local peu loquace. Il a balancé votre valise à l’arrière sans vous regarder, visiblement costaud. Et ce local peu loquace vous emmène ensuite sur des routes que vous ne connaissez pas, peut-être vers votre hôtel, tout simplement, mais peut-être aussi vers un abattoir ou une secte de maniaques.

Ce film joue habilement sur ce côté inconnu et étranger. Il est violent mais pas gratuit et se révèle inquiétant. On lorgne du côté du slasher movie, mais sans son côté un peu too much et c’est rafraichissant.

Bref, je ne peux pas en dire beaucoup plus sans gâcher l’intrigue, mais le film est plaisant et le dénouement glaçant.


Hostel
Ce film, vous le connaissez peut-être. Il a été produit notamment par Tarantino, à l’époque où il avait encore bon goût. Comme Shuttle, ce film touche des touristes qui se retrouvent dans les pays de l’est, dans une auberge de jeunesse (hostel en anglais). Je ne sais pas vous, mais j’ai déjà voyagé dans des hostels et ce dans les pays de l’est, peu après avoir vu le film d’ailleurs, ambiance ! Ça donne un intérêt supplémentaire si vous connaissez ce genre d’ambiance, car vous vous y retrouverez.

Bref, on découvre tôt dans le film que [Spoiler à venir, donc si vous détestez absolument les spoils, je vous conseille de zapper ce paragraphe. Sinon, ce n’est pas le maxi spoil non plus, mais malgré tout je préviens.] les visiteurs de l’hostel sont plus ou moins jetés en pâture à un club de gentlemen sadique. On peut dire que le film entre dans le sous-genre du torture porn. Sympa !

Les scènes de violence sont poussées, plutôt atroces et totalement à déconseiller à ceux et celles que le gore rebute. C’est crade, cruel, malsain mais bien réalisé. Bref, c’est un film qui marque.

The Descent
 
Les anglais sont bons côté film d’horreur d’ambiance et le prouvent avec ce film. Le réalisateur, que vous avez peut-être découvert sans le savoir avec les séries Game of Thrones ou Black Sails, s’appelle Neil Marshall. Son truc c’est la série b et l’horreur intimiste. The Descente n’y échappe guère.

On suit un groupe de jeunes femmes qui s’aventurent dans des grottes en mode spéléologie, allant dans des endroits de plus en plus étroits et clos. Je ne suis pas particulièrement claustrophobe, mais la descente arrive cependant à créer cette sensation d’étouffement et d’asphyxie. Bien sûr, comme c’est un film d’horreur, tout ne se passe pas bien et la sensation de peur se trouve tout ce qu’il y a de plus justifiée.

Les personnages sont intéressants, notamment l’héroïne dont on découvre le passé peu à peu et qui ne fait pas uniquement tapisserie. Le crescendo est impeccable et accompagne la progression des personnages. Une bonne façon pour découvrir Neil Marshall.

 
Bonus : Eden Lake.

Ce film m’a vraiment fait me sentir mal. Imaginez le jeune couple, qui se retrouve en amoureux au bord d’un lac tout ce qu’il y a de plus charmant. Rajoutez une bande de jeunes cons à la limite de la psychopathie et vous transformez cette petite balade en enfer personnel.

Ce que le film retransmet bien, malgré quelques écueils en crédibilité, c’est le sentiment d’impuissance, notamment quand on suit le parcours de la jeune femme. Je pense que l’horreur est meilleure quand elle montre que malgré tous les efforts, toute l’intelligence et la volonté, rien n’importe et le glas de la condamnation est irrévocable et absolu. Cela rejoint peut-être la peur de la mort, de quelque chose que l’on ne peut pas empêcher, que ce soit pour soi et ses proches.

La cruauté gratuite et l’échappée impossible rendent le tout glauque et malsain à souhait. Bref, vous ne regarderez plus les charmants coins romantiques de la même manière après ce film.