Pas de Spoiler.
Un réalisateur, que je trouvais génial au début des années 2000 mais qui a perdu la flamme depuis, a récemment dit que True Detective était une série ennuyeuse, pour rester poli. Il n’y voyait pas l’intérêt (sûrement pas assez de boom-boom). Alors oui, le tout premier épisode est un peu lent, mais cette série est une réussite absolue qui renouvelle avec brio un genre né dans les années 40 et que j’aime beaucoup, j’ai nommé le film noir (ou néo-noir, qui est le terme aujourd’hui utilisé).
Je vais parler dans cet article principalement de la saison 2 qui est peut-être plus accessible que la saison 1 et également plus rythmée, mais ne zappez pas la première pour autant. Oui je précise, les deux saisons sont totalement indépendantes et n’ont aucun lien, si ce n’est le genre.
Je vais parler dans cet article principalement de la saison 2 qui est peut-être plus accessible que la saison 1 et également plus rythmée, mais ne zappez pas la première pour autant. Oui je précise, les deux saisons sont totalement indépendantes et n’ont aucun lien, si ce n’est le genre.
Dans une Californie polluée et brûlante, un homme d’affaires est retrouvé mort sur une aire d’autoroute. Ce crime permet de dévoiler peu à peu toute la noirceur d’une Amérique ultra capitaliste dirigée par des politiciens corrompus, des hommes d’affaires dégueulant le fric et des mafieux trafiquant sans aucun égard pour l’humain. Je n’irai pas dans le détail pour vous garder la surprise, mais la série nous plonge dans les travers de l’humanité avec cynisme et fatalisme, dépeignant un monde sale et crû où l’espoir est foulé du pied par le sacro-saint dollar. L’être humain est une marchandise, qui peut être sacrifiée et dont la valeur est inscrite sur un livre de comptes.
Les héros de la série sont des minables, corrompus et autodestructeurs que l’on jette dans cette enquête sans illusion sur leurs compétences. L’un d’entre eux nous dit à un moment donné qu’il n’est pas Columbo. Le ton est donné.
C’est par le biais de ces personnages, rendus incroyablement humains et fragiles par leurs multiples défauts, que la série nous entraine dans leur enfer. Beaucoup de discussions intimistes et défaitistes nous font rentrer dans leur intimité, leur quotidien et expose aux yeux du téléspectateur leurs doutes et leurs faiblesses. Ils sont crédibles, l’interprétation excellente n’y étant pas pour rien.
Le scenario est plutôt tordu et il faut s’accrocher jusqu’aux derniers épisodes pour vraiment comprendre ce qui s’est passé. L’enquête se tient, mais l’important n’est peut-être pas ce qui s’est réellement passé mais tous les intérêts qui en découlent et que la série nous fait explorer. En cela, nous ne sommes pas vraiment dans le genre policier où un crime doit être résolu mais véritablement dans le film noir : c’est la corruption, les manipulations et les intérêts croisés qui sont importants. Le meurtre n’est qu’un prétexte, un grain de sable qui est là pour foutre en l’air un engrenage parfait. Vu certaines critiques que j’ai pu lire sur cette saison, c’est probablement ce qui a déstabilisé les habitués du polar.
J’aimerais également parler de la musique, qui est de toute beauté, jazzy et désespérée. Le générique est très réussi, mais je retiendrai surtout la musique de Lera Lynn, qui joue d’ailleurs en live dans la série. Ses créations sont mélancoliques et enivrantes et collent à merveille à la nuit californienne. Une de ses chansons ci-dessous.
Pour résumer, si vous aimez vous plongez dans des univers noires et glauques en compagnie de protagonistes désespérés et maudits, si observer la bassesse et la décadence de l’humanité ne vous révulse pas et que la violence ne vous gêne pas, cette série est pour vous. Cette saison revêt des allures de catharsis, un concentré de désespoir et de noirceur, que je ne saurais que conseiller aux amateurs du genre et vivement déconseiller à ceux qui sont réfractaires.


